Le RAID 2 à 4, ou 'striping with parity'
Les niveaux RAID 2 à 4 sont assez similaires, et peuvent être vus comme une combinaison des modes 0 et 1 (on a à la fois redondance des données et empilage de disques). La redondance est obtenue par vérification de parité (ECC(1) ou checksum(2)), c’est à dire que des données supplémentaires sont inscrites sur les disques durs pour pouvoir 'reconstruire' l’information manquante si un lecteur tombe en panne. Il s’en suit qu’il faut au moins 3 disques pour monter un volume RAID de ce type (au moins deux disques pour le striping, et au moins un disque pour les informations de parité, d’ou le nom de '
striping with parity').
Le
RAID 2, très peu utilisé, utilise une méthode d’autocorrection (
ECC). Les codes ECC sont répartis sur plusieurs disques (en général 10 disques de données et 4 disques pour l’ECC). Ce mode n’offre qu’une fiabilité limitée.
Le
RAID 3 est similaire mais il utilise une parité basée sur des tests
XOR(3), plus fiable et rapide que les code ECC. En outre il ne nécéssite qu’un seul disque pour l’information de parité (on a donc
n-1 disques disponibles pour les données). Ce mode est parfois utilisé pour des applications qui manipulent des fichiers lourds (
CAO/DAO(4) typiquement, ou sauvegarde sur plusieurs bandes magnétique montées en
RAIT(5) ),car il offre un bon taux de transfert linéaire.
| Disque simple | RAID 3 ou 4 : 4 disques (dont un pour la parité) |
|
|
|
Pour ces deux modes, les disques de données sont montés comme pour un volume en striping, mais les données sont réparties entre les disques
octet par octet, ce qui fait que les disques doivent être parfaitement synchronisés pour fonctionner. Les performances s’en trouvent fortement réduites. Aujourd’hui ces modes ont quasiment disparu car la plupart des disques commercialisés actuellement ne permettent plus de fonctionner de façon synchrone. Il faut en effet savoir qu’il y a quelques années, les disques durs physiques (l’ensemble plateau + têtes de lecture) étaient gerés directement par le controleur de disques. Aujourd’hui les lecteurs de disques disposent presque tous d’un petit contrôleur integré (compenant par exemple le cache) et il n’est plus possible d’accéder directement aux plateaux d’un disque pour le synchroniser aux autres disques du volume RAID. C’est également pour cette raison qu’on est obligé de répartir le volume en bandes.
Le
RAID 4 est analogue au RAID 3 mais stocke les données par blocs (ou bandes) comme le RAID 0, ce qui le rend plus rapide. Toutefois le dernier disque (qui contient les informations de parité) est souvent le facteur limitant de la performance globale, car il doit être aussi rapide que la somme des autres...
Bref tous ces modes sont intéressants car ils sont redondants (tolérance de panne de un disque sur le total) mais ils comportent chacun un ou plusieurs défauts. La solution pour atteindre l’optimum de performance et de fiabilité est le
RAID 5.
(1) ECC : Error Correcting Ccode = Code de correction d’erreurs (ou code d’autocorrection).
(2) Checksum = Somme de contrôle : voir encadré sur la parité
(3) XOR = l’opération logique 'OU' exclusif, sert à additionner les nombre binaires
(4) CAO/DAO = Conception / Dessin Assisté par Ordinateur (manipulation d’images)
(5) RAIT : Redundant Array of Independent Tapes = Pile de bandes magnétiques économiques et redondantes A lire également...