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nForce2 IGP : EPoX, Leadtek

Par Vincent VALMOND le 14/04/2003 à 00h09
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SOMMAIRE



Introduction


Les chipsets nForce 2 tout comme les chipsets nForce 1, sont répartis en deux catégories. Les versions avec puce graphique intégrée, et les versions sans puce graphique intégrée. Avec le nForce premier du nom, nVIDIA avait d’abord introduit la version avec chip graphique pour ensuite lancer la version light. Avec le nForce2 par contre les choses sont un peu différentes puisque les versions IGP (avec puce vidéo) sont sorties il n’y a pas si longtemps, soit quelques mois après le nForce2 SPP (sans puce). Mais que vaut donc le nForce2 IGP ?


Vidéo intégrée = mauvaise réputation


Depuis toujours, les chips graphiques intégrés aux cartes mères ont une bien mauvaise réputation. Et pour cause, les puces intégrées à ces cartes font très souvent, pour ne pas dire toujours partie de l’entrée de gamme voire même du très bas de gamme. Les constructeurs qui intègrent à leurs configurations des cartes mères avec vidéo embarquée sont en effet bien souvent les gros OEM qui veulent fournir des PC à prix très réduit. L’objectif n’est donc pas les performances, mais le prix. Cependant, avec les applications multimédia qui se font de plus en plus gourmandes, ces pauvres puces ne faisaient bien souvent pas le poids, et ça, nVIDIA semble l’avoir compris depuis un petit bout de temps puisque le nForce1 IGP intégrait une puce basée sur le GeForce2 MX qui, sans être exceptionnelle était quand même bien au dessus des puces intégrées aux chipsets de la concurrence. Evolution oblige, aujourd’hui le nForce2 IGP intègre lui un dérivé du GeForce4 MX qui devrait en théorie redonner quelques lettres de noblesse aux cartes mères « all in one ».


Spécifications


Le but de cet article n’est pas de traiter des caractéristiques globales du nForce2 que vous connaissez déjà et dont nous avons déjà parlé dans cet article. Ce qu’il vous faut surtout savoir sur le nForce2 IGP, c’est qu’il gère toutes les fonctions que gère le nForce2 non IGP, à savoir l’AGP 8x, l’USB 2.0, la DDR400, l’ATA 133, le FSB à 333 MHz, et la technologie DualDDR. Cependant, sur ce dernier point il faudra poser un bémol car le Dual Channel ne pourra être exploité que si vous n’utilisez pas la puce graphique intégrée. Si vous l’utilisez avec de la mémoire DDR400 par exemple, la bande passante maximale théorique de 6.4Go/s sera en gros divisée par trois pour satisfaire le CPU, la mémoire et l’IGP.

Parlons maintenant un peu de l’IGP. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette puce dérivée du GeForce4 MX est plus proche du NV17 que du NV18 car elle ne supporte pas l’AGP 8x. Ensuite, GeForce4 MX oblige, l’IGP ne supporte « que » DirectX 7 et vous pourrez donc dire adieux aux pixels shaders qui sont pourtant de plus en plus utilisés dans les jeux d’aujourd’hui. Quoi qu’il en soit, l’IGP n’a pas que des défauts, et il ne faut pas non plus oublier qu’il ne s’agit « que » d’une puce graphique intégrée, et qu’elle supporte quand même la décompression MPEG-2, le nView et le FSAA 2x, 4XS, Quicunx, 4x et l’anisotropic filtering. Bon, honnêtement je ne sais pas si vous allez vraiment avoir la possibilité d’utiliser le FSAA et l’anisotropic avec une telle puce étant donné la gourmandise des jeux récents, mais le nView et la décompression MPEG-2 100% matérielle sont de très bons points surtout quand on sait que le nForce2 supporte également le son Dolby ...

Voyons maintenant les cartes mères.
EPoX 8RGA+


Chez EPoX, la carte mère nForce2 GT se nomme donc 8RGA+. Derrière ce petit nom se cache donc une carte qui dispose vous l’aurez compris d’une puce GeForce4 MX intégrée, mais aussi du fameux APU qui offre à la carte le support du son Dolby à 6 canaux.

Une fois que l’on ouvre la boîte de la 8RGA+, on découvre deux braquets. Le premier contient un port jeu et un port série, et l’autre dispose lui de deux connecteurs IEEE 1394, ce qui veut donc dire que la carte supporte cette technologie. Ensuite, on a bien évidemment le manuel d’installation, des nappes, et un CD ... Euh ben non, il n’y avait pas de CD dans la boîte. Hmmm je me demande bien qui a reçu cet échantillon avant moi :-P Enfin bref, tout cela n’empêche pas la 8RGA+ d’arborer un système de diagnostique par LED, d’avoir un connecteur AGP, six connecteurs PCI, deux ports IDE, quatre emplacements USB 2.0, un connecteur RJ45, et pas moins de deux ports VGA, qui vous permettront d’exploiter pleinement le bi-écran par le biais du nView. En continuant l’observation de la carte, on constate d’une part que son Northbridge n’est muni que d’un système de refroidissement passif, et que le Southbridge est lui aussi équipé d’un dissipateur, et c’est assez rare pour être signalé. Mais le refroidissement employé pour le Northbridge sera-t-il suffisant pour l’overclocking ? Nous verrons cela tout à l’heure, mais maintenant analysons un peu le layout de l’engin. Le principal défaut du layout de l’EPoX 8RGA+ ce situe au niveau des connecteurs DIMM qui sont trop proches du slot AGP. En fait, les trois connecteurs DIMM se situent quasiment dans le prolongement du port AGP, à tel point qu’il faudra absolument que les supports de fixations des modules soient relevés pour installer la carte graphique. A part cela, rien de bien méchant à signaler.



BIOS


EPoX est un constructeur adulé par les overclockeurs, alors il se devait avec sa carte mère nForce2 de proposer un BIOS complet regroupant tout un tas d’options pour faire joujou. Ici, nous avons accès à un très grand nombre de paramètres du côté des timings mémoire, mais aussi des tensions. La tension du CPU peut passer de 1.4 à 2.2v par pas de 0.025v, la tension de 1.5 à 18v par pas de 0.1v, pour la RAM on aura accès à des valeurs allant de 2.5 à 2.9v, alors que pour le VDD on pourra passer de 1.6 à 2v.
L’EPoX 8RGA+ permet également la modification du FSB et du coefficient multiplicateur du processeur. Ainsi, il sera possible de faire passer le coefficient de 3 à 24x et le FSB de 100 à 250 MHz ! Quand je vous disais qu’on pouvait faire mumuse !

Bien entendu, IGP oblige, il est possible de spécifier la quantité de mémoire qui sera attribuée à la puce graphique intégrée.

Premier avis


Sur le papier, la 8RGA+ d’EPoX est une excellente carte qui dispose de nombreuses fonctions qui vont de l’AGP 8x au support de la DDR400 en passant par la gestion de l’USB 2.0, de l’IEEE1394 ou encore du son Dolby. A vrai dire, il ne manque que le support du Serial ATA pour que l’on puisse avoir toutes les technologies actuelles sous la main. Seul reproche, l’absence de port midi/jeu, qui vous obligera à changer votre bon vieux joystick contre un nouveau en USB.
Leadtek K7NCR18G Pro


Après la 8RGA+ d’EPoX, nous abordons maintenant la Leadtek K7NCR18G Pro. Cette carte est la digne descendante de la K7NCR18D Pro que nous avions testé ici, et elle comprend donc en sus de sa puce graphique intégrée un southbridge MCP-T qui lui donne l’accès au son Dolby.

La K7NCR18G Pro ressemble comme deux gouttes d’eau à sa grande soeur. On y retrouve un slot AGP 8x, quatre connecteurs PCI, un emplacement ACR, trois connecteurs DIMM pour la DDR400, et pour finir un block ATX muni entre autre d’un connecteur RJ45 pour le LAN 10/100, d’une sortie VGA et de quatre ports USB 2.0. En plus de tout cela, le bundle de la K7NCR18G Pro est assez conséquent puisqu’on a droit avec à une carte ACR avec trois connecteurs IEEE 1394, à un braquet sur lequel se trouve une deuxième sortie VGA qui permettra d’exploiter pleinement le nView, une sortie TV et une sortie SPDIF. Pour couronner le tout, on retrouve également dans la boîte un jeu de nappes, et pas moins de trois CD-ROM comprenant d’une part l’ensemble des drivers nécessaires à la carte mère et à sa puce graphique, et d’autre part les applications Ulead VideoStudio 6 et Ulead Cool 3D.

Contrairement à la 8RGA+ d’EPoX, la K7NCR18G Pro dispose d’un système de refroidissement actif sur le Northbridge alors que le Southbrdige lui n’est pas refroidit. Nous avons donc une configuration plus classique, et nous verrons plus tard qui d’EPoX ou Leadtek s’en sort le mieux au niveau de l’overclocking. Point de vue layout, pas grand-chose à signaler si ce n’est que j’aurais aimé voir le connecteur d’alimentation et les connecteurs IDE un peu plus haut.



BIOS


L’un des gros reproches que l’on pouvait faire à la Leadtek K7NCR18D Pro, était l’impossibilité de modifier le coefficient multiplicateur du CPU, et je suis heureux de vous apprendre que Leadtek nous a écouté en ajoutant cette option au BIOS de la K7NCR18G Pro ! Le coefficient pourra donc passer de 3x à 24x avec les processeurs débloqués. Le réglage de la tension pour la mémoire (2.6 à 2.8v) se fait toujours par le biais d’un cavalier, et non pas dans le BIOS (mais pourquoi tant de haine ?), comme c’est le cas avec les tensions CPU et AGP qui pourront respectivement passer de 1.1 à 2v et de 1.48 à 1.68v. Toujours dans les options propres à l’overclocking sachez que le FSB pourra lui monter jusqu’à 266 MHz avec une incrémentation par pas de 1 MHz jusqu’à 200 MHz. Avec tout ça, la K7NCR18D semble en théorie être un peu moins bien garnie que la 8RGA+ pour l’overcloking car on a droit à une moins grande gamme de tensions même si en contre partie la fréquence maximale du FSB est sur le papier plus importante sur la carte Leadtek.

Notons aussi qu’il sera bien évidemment possible de changer la quantité de mémoire attribuée à l’IGP, et que les timings mémoire ne sont pas du tout en reste, et sont d’ailleurs même carrément nombreux.

Premier avis


Avec la K7NCR18G Pro, Leadtek a corrigé le principal problème de la K7NCR18D Pro, à savoir la possibilité de modifier le coefficient multiplicateur du CPU. Tout comme avec la 8RGA+, on regrettera le non support du Serial ATA, et l’absence d’un port jeu. De plus, il aurait été préférable d’avoir les trois ports IEEE1394 sur un braquet, ce qui aurait pu permettre d’avoir un cinquième port PCI à la place du port ACR.
Configuration et stabilité


Pour cet article, j’ai utilisé une configuration à base d’Athlon XP 2600+ et de mémoire Corsair TWINX512-LL. Dans nos précédents tests à base de nForce2, il fallait absolument installer un autre module (no name) avant de pouvoir exploiter ces barrettes, et durant ces nouveaux essais, la Leadtek K7NCR18G Pro s’en est mieux sortie que la carte EPoX, car je n’avais pas besoin de passer la l’étape module noname, alors que c’était la 8RGA+. Autre remarque importante à signaler, les deux cartes fonctionnait parfaitement bien en mode DDR400 lorsque l’IGP n’était pas activé. Une fois l’IGP activé il m’a fallu repasser en DDR333 et donc en mode synchrone pour avoir des configurations stables dans les jeux notamment. Si vous avez l’intention d’utiliser l’IGP restez donc en mode DDR333. A part ces quelques petits soucis, nos deux cartes se sont très bien comportées.

Configuration :

CPU : AMD Athlon XP 2600+ prêté par Computer Supplies
Mémoire : Corsair TWINX512-LL (2x256 Mo DDR400 Cas 6-2-2-2)
Carte mères : Leadtek K7NCR18G Pro, EPoX 8RGA+, Abit NF7-S
Carte graphique : Albatron Ti4800SE
Dissipateur : Thermaltake Volcano 7+
Disque Dur : Western Digital WD300 (30Go ATA-100)
Alimentation : 300Watts AOPen
CD-ROM : Noname 52x

Drivers unifiés nForce 2.03
DirectX 9
Drivers Detonator 41.09


Benchmarks génériques


Pour la première partie des essais nous allons commencer par des benchmarks plutôt génériques comme CPU Mark, PC Mark, etc ... Cette première batterie de tests à été effectuée avec une Ti4800SE et l’IGP armé de 32 Mo de mémoire. L’objectif n’est pas seulement de comparer les performances entre les deux cartes IGP, mais aussi de voir l’influence de l’IGP sur les performances générales quand il est activé.


CPU Mark 99




CPU Mark comme son nom l’indique dépend beaucoup du CPU, et il est donc bien normal d’avoir des résultats identiques car on utilise à chaque fois le même processeur.

PC Mark 2002




Sous PC Mark 2002, les résultats sont relativement proches. Dans le test CPU il n’y a quasiment pas de différence alors que dans le test mémoire, les 32 Mo en moins se font légèrement sentir.

Sandra 2003








Encore une fois, les résultats sont très proches dans tous les tests, et c’est bien normal car on a partout le même processeur, et le même niveau d’optimisation pour ce qui est des timings mémoire.
Benchmarks 3D


Pour analyser les performances 3D de nos petites puces graphiques intégrées j’ai utilisé RTC Wolfenstein et Unreal Tournament 2003.

RTC Wolfenstein




Les résultats sont sans surprise, la Ti4800SE prend bien évidement l’avantage, et l’IGP est lui bon dernier. On notera quand même que le jeu reste tout à fait jouable même en 1600x1200.

UT 2003






Pas de surprise sous UT non plus, et il ne fallait d’ailleurs pas s’attendre à des miracles. Ces quelques tests nous permettent juste de situer un peu l’IGP en matière de performances. Avec un jeu plutôt ancien comme Wolfenstein, il s’en sort très bien, alors qu’avec UT2003 il ne faudra pas compter sur le mode 1600x1200. Il n’empêche que l’IGP peut largement satisfaire un joueur occasionnel qui n’a pas besoin de mettre la résolution et toutes les options à fond.
Overclocking


Vous êtes toujours à la recherche du maximum de performances sans dépenser le moindre petit centime supplémentaire, alors vous aimez sûrement l’overclocking. Avec les deux cartes mères nForce2 GT, j’ai cherché à atteindre le plus haut FSB possible. Je ne me suis pas attardé sur la fréquence maximale que l’on peut avoir pour le CPU car selon la série, on pourra aller plus ou moins loin avec ce dernier. J’ai donc fait passé le coefficient multiplicateur à 8x, pour ensuite m’attaquer au FSB. Le CPU utilisé étant un Athlon XP 2600+ cadencé réellement à plus de 2000 MHz je n’ai pas touché aux différentes tensions car même avec un coefficient à 8x, il faudrait vraiment un FSB énorme pour dépasser les 2000 MHz ...

Mais allons droit au but, sur la 8RGA+, j’ai tout de suite mis le FSB à 200 MHz, et la machine a fonctionné sans le moindre problème. Ensuite j’ai grignoté quelques MHz de plus pour finalement me rendre contre qu’au-delà de 205MHz la machine n’était pas stable même en faisant monter les tensions du core et/ou de la RAM par la suite.
Pour la K7NCR18G Pro, j’ai également commencé avec un FSB à 200 MHz, et là encore tout allait au mieux. Ensuite j’ai continué à faire monter la valeur du FSB, et à ma grande surprise, le PC était tout à fait stable avec un bus à 211 MHz ! On peut sûrement remercier le refroidissement actif du Northbridge sur ce coup là




Conclusion


Le nForce2 IGP ne crée pas la surprise. Par là, je ne veux pas dire qu’il s’agit d’un mauvais chipset. Loin de là, mais on s’attendait déjà à ce type de résultat. Côté performances brutes, il n’y a aucune différence avec le nForce2 sans IGP, et les performances 3D sont elles correctes sans être extraordinaires. Malgré tout, vous aurez du mal à trouver un chip graphique intégrée plus puissant que l’IGP. Si vous avez l’intention d’acheter un PC pas trop cher dans une grande surface, choisir le nForce2 IGP devrait être un gage de qualité correct.

Départager nos deux cartes sera par contre un peu compliqué. La 8RGA+ et la K7NCR18G Pro supportent les mêmes fonctions, et leurs performances sont identiques. La carte Leadtek s’est mieux comportée dans les tests d’overclocking, mais il y a fort à parier que l’EPoX pourra faire mieux grâce à sa large palette de tensions si on ajoute un ventilo sur le Northbridge. Finalement, pour départager ces deux cartes on tiendra compte du prix et du bundle. Je n’ai pas le prix de la 8RGA+, mais les cartes Leadtek on l’habitude d’être moins chères que les cartes EPoX, et en plus, le bundle Leadtek est plus sympathique. Résultat du match, la K7NCR18G Pro gagne d’une très courte tête.

Si vous voulez un PC pas trop cher avec des performances correctes en 3D, et un très bon son pour regarder vos films, le nForce2 GT est fait pour vous. Après tout dépendra. Si vous êtes un gros overclockeur vous tenterez sûrement votre chance avec la 8RGA+, sinon la K7NCR18G sera un excellent choix.