Article Revioo.com

3 cartes mères KT600

Par Vincent VALMOND le 05/11/2003 à 04h23
Catégorie :

SOMMAIRE



Introduction


Le KT600 de VIA est un chipset pour processeur Socket A qui n’a pas fait énormément de bruit. Il n’apporte en effet pas grand-chose de neuf par rapport au VIA KT400A, et il faut avouer que le chipset nVIDIA nForce2 est le chipset pour processeur Athlon XP qui a le plus la côte à l’heure actuelle. Quoi qu’il en soit, le VIA KT600 se retrouve sur certaines cartes mères, et nous avons décidé d’en analyser trois pour voir de quoi était ce nouveau chipset.


VIA KT600, un KT400AA ?


Le KT600 n’est clairement pas une révolution. Alors que le KT400A apportait au KT400 le support de la mémoire à la norme DDR400, le VIA KT600 lui, apporte au KT400A le support du FSB à 400 MHz, et donc par conséquent le support officiel de l’Athlon XP 3200+. Pourquoi ne pas avoir carrément sorti un KT400A qui supportait le FSB à 400 MHz ? Les lois du marketing sont sûrement impénétrables. Une version du KT600 avec support de la mémoire Dual Channel était (est ?) même envisagée …

Voilà donc les … euh plutôt la « grande nouveauté » du southbridge VIA KT600. Vous en conviendrez, VIA ne s’est pas trop foulé. Mais un chipset comprend deux puces, et fort heureusement, le KT600 sera couplé avec un Southbrdige VIA VT8237 qui apporte lui aussi un peu de neuf. Tout d’abord, le VT8237 supporte nativement le Serial ATA et le 0, 1 et 0+1. Les constructeurs n’ont donc pas à passer par une puce « externe » pour exploiter cette technologie. Deuxième nouveauté du VT8237, peut gérer deux connecteurs USB 2.0 de plus, soit 8 ports contre 6 pour son grand frère.

Le KT600 de VIA apporte donc au final trois petites nouveautés par rapport au KT400A, à savoir la gestion du FSB à 400 MHz, la gestion du Serial ATA, et deux petits ports USB de plus … Bien évidemment, le support de l’AGP 8x, du bus V-Link 8x, du LAN 10/100 et la gestion du son AC’97 sont toujours de la partie.

Gigabyte 7VT600 1394


Gigabyte est un constructeur particulièrement connu chez les professionnels qui a su ces dernières années élargir sa gamme de produits, et notamment sa gamme de cartes mères aux particuliers. On a donc depuis quelques mois des cartes aux couleurs plutôt particulières, et même des cartes avec ventilateur lumineux, alors qu’auparavant, Gigabyte était plutôt synonyme de sobriété.

La GA-7VT600 fait partie de cette nouvelle vague de cartes qui plaira sûrement aux jackys, mais qui risque de dérouter un peu ceux qui cherchent la simplicité. Comme vous pouvez le voir sur la photo ci-contre, les trois connecteurs DIMM sont violets, le socket est jaune, le port AGP est vert, les connecteurs SATA sont rouges, et le PCB de la carte est lui bleu. Honnêtement on a déjà vu plus harmonieux, même si on a déjà aussi vu pire (pas souvent). Quoi qu’il en soit, ce ne sont pas les couleurs des différents connecteurs qui font la qualité de la carte mère.

Côté conception, la 7VT600 respire comme d’habitude avec Gigabyte la bonne qualité de fabrication. De plus, nous avons ici droit à un PCB relativement large qui permet une assez bonne organisation des différents ports et connecteurs. Seul véritable inconvénient à signaler, la présence d’un condensateur juste au dessous du coin bas gauche du Socket A. Il m’a un peu gêner quand j’ai installé le ventirad (TR2 M2), et risque de poser encore plus de problème avec des systèmes plus imposants. A part cela, on notera la présence d’un système de refroidissement actif sur le chipset, un clip de fixation pour la carte graphique sur le port AGP, et un connecteur d’alimentation qui aurait gagné à être placé plus haut à l’horizontale. Chose plutôt sympathique, les différents connecteurs pour les câbles du boîtier (HDD LED, POWER ON, RESET, etc …) sont eux aussi colorés, ce qui facilite grandement le branchement.


Ca en fait des couleurs quand même


Avec sa GA-7VT600, Gigabyte nous offre Norton Internet Security 2003, deux câbles Serial ATA, deux nappes (IDE + floppy) un braquet qui comprend deux ports USB 2.0 et deux ports IEEE 1394, un manuel d’installation, et une plaque pour l’arrière de votre tour.



Comme vous pouvez le voir sur ce tableau, la GA-7VT600 dispose de caractéristiques peu originales pour une carte mère récente. Nous avons droit à l’AGP 8x, à l’USB 2.0, à l’IEEE 1394, mais le Serial ATA et le RAID IDE ne sont pas présents sur cette version de la 7VT600. Pour ce qui est du BIOS, je dois admettre avoir été un peu déçu par la 7VT600. Tout d’abord, la carte n’est pas jumperless, et la modification du coefficient multiplicateur se fait exclusivement à l’aide d’un block de switchs situé sur le PCB. De plus, il est strictement impossible dans le BIOS de modifier les timings de la mémoire ! Vous ne rêvez pas, avec la 7VT600, vous ne pourrez pas faire joujou avec les CAS, RAS latency ou autre !
EPoX 8KRA2+


Contrairement à Gigabyte, EPoX est un constructeur qui a depuis longtemps la côte chez les overclockeurs. Les cartes de ce constructeur disposent en effet bien souvent d’un bon nombre d’options qui permettent de pousser les microprocesseurs dans leurs derniers retranchements. La 8KRA2+ fera t-elle honneur à ses grandes sœurs ?

Chez EPoX, on aime le vert. Le logo de la marque est vert, et l’ensemble des cartes mères du constructeur sont vertes. Donc vous ne serez pas étonné d’apprendre que la 8KRA2+ est elle aussi verte. Mais ne nous attardons pas sur cette information capitale (hmm hmm), et voyons de plus près ce que nous offre ce petit concentré de technologie. Au premier coup d’œil, on remarque tout de suite l’imposant système de refroidissement passif monté sur le northbridge. Sera-t-il suffisant pour les besoins d’overlocking des consommateurs habituels de produits EPoX ? Nous en saurons plus tout à l’heure.

Tout comme la GA-7VT600, la 8KRA2+ dispose d’un PCB relativement large, et l’ensemble a donc une allure plutôt aérée. Les alentours du socket auraient pu être un peu plus dégagés, mais ils le sont assez pour installer facilement des ventirads plutôt imposants. Le connecteur d’alimentation est assez mal placé, car selon moi, la position idéale du connecteur d’alimentation devrait être tout en haut de la carte et à l’horizontale, ce qui permettrait de ne pas avoir de câbles qui passent au dessus du socket par exemple. Le port AGP dispose d’un petit levier de fixation, et tout comme sur la 7VT600, les connecteurs dédiés aux câbles du boîtier sont colorés pour rendre plus aisé leur installation.


Quatre slots IDE, deux ports SATA, et notre système de diagnostique par LED


Le bundle de l’EPoX 8KRA2+ comprend les logiciels Northon Ghost et PC Cillin, un braquet avec deux ports Firewire, un braquet avec un port jeu, un câble Serial ATA, deux nappes (IDE et floppy), deux disquettes (drivers High point et VIA SATA RAID), trois manuels (guide utilisateur de la 8KRA2+, guide du contrôleur HPT 372, et manuel de l’utilitaire de flashage EPoX).



Alors que la GA-7VT600 qui ne nous proposait que l’IEEE 1394 comme option supplémentaires (c’est-à-dire comme option qui n’est pas gérée directement par le chipset), il ne manque à là 8KRA2+ que le gigabit ethernet. La carte d’EPoX, supporte en effet en plus de l’IEEE 1394, l’IDE RAID et le Serial ATA. Ce qui fera plaisir aux hardcores users. Point de vue BIOS, on est bien plus à l’aise qu’avec la carte de Gigabyte. On dispose de réglages poussés en matière d’optimisation mémoire et de modification de tensions, et le coefficient multiplicateur est cette fois directement manipulable dans le Basic Input Output System.
Abit KV7


Attaquons maintenant à la carte mère Abit KV7. Avant l’arrivée des chipsets nForce, Abit nous proposait des cartes mères Socket A avec chipset VIA très intéressantes, et je ne cacherais pas que depuis les NF7, les cartes Socket A avec chipsets VIA semblent bien moins avoir la côte chez ce constructeur. D’ailleurs cette impression se confirme quand on voit la KV7 pour la première fois. La carte ne ressemble pas vraiment à une carte mère haut de gamme (cela n’engage que moi). Son PCB est particulièrement étroit, et il y a un condensateur assez mal placé à côté du socket (en haut à droite) qui embêtera à n’en pas douter les utilisateurs de système de refroidissement haut de gamme. Le connecteur d’alimentation principal est lui aussi mal placé, et ne parlons même pas du connecteur floppy qui se trouve carrément sous le dernier port PCI.

Malgré ces inconvénients, la KV7 a le mérite de supporter le Serial ATA (2 ports), et le son 5.1 avec en plus un connecteur SPDIF. De plus, la carte est jumperless, le port AGP comprend un système de fixation pour la carte graphique, le chipset est refroidit par un ventilateur, et le BIOS dispose de toutes les fonctions du désormais fameux Soft Menu III. Les ports IDE sont quant à eux inclinés, ce qui est également une bonne chose car cela empêchera les nappes de se balader au dessus du PCB et/ou des différentes cartes qui seront installées dans la machine.


Abit KV7, une carte mère qui suit un régime ?


Point de vue bundle, ne vous attendez pas à voir une tonne de logiciels. Non non, Abit n’a jamais eu l’habitude d’offrir beaucoup de softs, et la KV7 ne déroge pas à la règle. Par contre nous avons droit à une deux nappes (floppy et ATA133), à un câble Serial ATA, à un braquet contenant deux ports USB supplémentaires, à deux manuels, à une disquette qui comprend les drivers nécessaire au démarrage à partir d’un disque SATA, un CD-ROM avec l’ensemble des pilotes propres au bon fonctionnement de la KV7, et pour finir une plaque métallique pour l’arrière du boîtier.



En analysant ce tableau récapitulatif des caractéristiques de la KV7, on constate que la carte maman de Monsieur Abit, même si des fonctions comme l’IEEE 1394 et le RAID sont absentes, n’est pas en reste en matière de réglages dans le BIOS. Alors que la carte Gigabyte n’autorisait pas l’optimisation de la mémoire par exemple, ici on le peut, et la KV7 est la seule des trois cartes mères à permettre la modification des tensions AGP et chipset.
Configuration de test


Pour cet article les trois cartes ont été accompagnées par un processeur AMD Barton 2500+, 512 Mo de mémoire Corsair, et une GeForce FX 5600. Je tiens à préciser qu’aucune des trois cartes n’a posé de problème lorsqu’elles étaient utilisées dans des conditions normales (entendez par là hors overclocking).

CPU : AMD Barton 2500+
Mémoire : Corsair TWINX512LL
Cartes mères : Abit KV7, Gigabyte 7VT600, EPoX 8KRA2+
Carte graphique : Albatron GeForceFX 5600EQ
Dissipateur : TR2 M2
Disque Dur : Western Digital WD300 (30Go ATA-100)
Alimentation : 300Watts AOPen
CD-ROM : Noname 52x

Voyons maintenant ce que valent nos cartes.


Benchmarks


CPU Mark




Sous CPU Mark, un benchmark particulièrement dépendant du système, l’EPoX 8KRA2+ s’en sort mieux que ses deux concurrentes. Certes, avec le même chipset, l’écart n’est pas énorme, mais il est bel et bien là.


Sandra








Sous Sandra on observe que les cartes sont au coude à coude dans les deux premiers tests, avec tout de même une légère avance pour l’Abit KV7. Dans le test mémoire par contre, l’EPoX 8KRA2+ prend clairement l’avantage, et c’est d’ailleurs souvent le cas avec les cartes mères EPoX qui sont en général assez agressive en matière de mémoire.


PC Mark




Sous PC Mark les résultats sont une fois de plus très proches. Les cartes EPoX et Abit se livrent un duel acharné alors que la Gigabyte est légèrement en retrait. Quoi qu’il en soit, dans une utilisation normale, vous serez incapable de faire la différence …
Overclocking


Pour cet article j’ai décidé de ne pas modifier le coefficient des CPU, et de pousser au maximum le FSB. A ce petit jeu là, la meilleure des trois cartes fut l’EPoX 8KRA2+, puis ensuite l’Abit KV7. La Gigabyte 7VT600 était donc une fois de plus bonne dernière.

Avec la 8KRA2+ j’ai pu pousser le FSB à pas moins de 207 MHz de façon stable en faisant bien évidemment monter la tension du core (1.8v, même en montant plus le système était instable au-delà des 207 MHz). La KV7 quant à elle s’est stabilisée à 197 MHz, et la GA-7VT600 à seulement 185 MHz. Vous ne trouvez pas étrange que des cartes mères qui supportent officiellement un bus à 200 MHz aient du mal à tenir cette fréquence avec un processeur qui a déjà pu lui le faire ? Moi si. J’aurais bien voulu avoir un vrai 3200+ pour faire un peu plus joujou …


Conclusion


Trois cartes mères avec chipset KT600, et une seule véritable gagnante, à savoir l’EPoX 8KRA2+. Avec cette carte EPoX semble être le seul des trois fabricants qui participent à ce petit comparatif qui ait pris au sérieux le VIA KT600. La carte mère Gigabyte est certes stable, mais elle est aussi moins performante, dispose de moins de fonctions (notamment dans le BIOS), et est loin derrière en overclocking. L’Abit KV7 quant à elle se débrouille relativement bien, mais reste tout de même en retrait par rapport à une EPoX 8KRA2+ bien plus aboutie.

Reste encore le critère du prix. La KV7 et la 7VT600 coûtent toutes les deux un peu moins de 90 € alors que la 8KRA2+ elle, s’approche un peu plus des 100€. En gros la différence de prix est minime (10&euro, et je vous conseille fortement l’EPoX 8KRA2+. D’ailleurs si vous n’avez pas besoin de toutes ses options vous pourrez vous rabattre sur une autre 8KRA2 ce qui vous permettra de faire baisser un peu l’addition.

Les trois cartes mères testées aujourd’hui ont toutes le mérite d’être stable, et vous n’aurez aucun problème particulier si vous comptez les utiliser de façon normale. Si vous souhaitez aller plus loin tout en optant pour une carte mère VIA KT600 (ben oui, le nForce2 peut parfois être assez capricieux …), l’EPoX 8KRA2+ est faite pour vous. Le Dual BIOS de la 7VT600 par contre devrait plaire aux entreprises et à Monsieur Toulemonde …