Introduction
Il y a quelques temps, nous vous proposions dans
cet article le test du Waterchill, un kit de watercooling développé par la société Asetek.
Bien que maintenant très connu, ce produit est loin d’être le fer de lance du constructeur, qui a forgé sa réputation grâce au Vapochill, un système de refroidissement bien plus extrême...
Comment ça marche ?
Avant d’aller plus en avant dans cet article, commençons par présenter ce qu’est le Vapochill même si la plupart d’entres vous connaissent déjà ce système si réputé et maintenant ancien.
Le Vapochill contient donc un système de compresseur dont le principe de fonctionnement est en tout point similaire à un réfrigérateur classique, et qui permet d’obtenir des températures de refroidissement bien en deçà de 0°C, soit environ -35°C en fonctionnement 'à vide' (0 W à dissiper). Nous qui cherchons toujours à gratter quelques degrés pour le refroidissement de nos processeurs, autant dire qu’on va être servis !
Voici un schéma représentant le cycle du froid à l’intérieur d’un Vapochill. C’est un fluide réfrigérant appelé R404a, nouvellement utilisé avec la version XE (R134a pour les autres modèles), qui circule à l’intérieur du circuit. Ce principe de fonctionnement est appelé 'changement de phase' : le fluide subit continuellement des changements d’états qui le font passer d’un état liquide à un état gazeux (et vice-versa), et qui vont donc lui donner une température chaude puis froide.
Le cycle commence dans le compresseur (compressor) où le R404a va monter en pression et en température (état liquide). Il va ensuite circuler en haute pression jusqu’au condenseur (condenser) pour être refroidit par air, tout comme l’eau est refroidie dans un radiateur de watercooling. Une fois refroidit, le fluide continu son chemin à travers le tube (capillary tube) où il va rencontrer un détendeur qui va brutalement lui faire perdre sa pression en le transforment en gaz, et ainsi baisser sa température aux alentours de -35°C. Le fluide finit sa course dans l’évaporateur (CPU-kit) pour refroidir le processeur avant de remonter dans le compresseur où il va recommencer son cycle.
Présentation
Vous l’avez compris, le Vapochill est avant tout un système de refroidissement très performant. Mais ce serait sans compter sur tout ce qu’il y a autour, à savoir un boîtier à part entière. Maintenant que vous avez fait connaissance avec ses bases de fonctionnement, intéressons nous-en d’un peu plus près.
Le Vapochill arrive dans un carton volumineux... à tel point que l’on se demande s’il pourra rentrer sous le bureau. Mais une fois déballé, hormis une largeur assez importante, ce boîtier n’est pas vraiment hors norme, du moins en ce qui concerne sa taille (à peine plus haut que mon SX1040BII). Côté design, il est assez réussi, et les grosses ouvertures destinées au refroidissement du condenseur sont de bon ton.
La réaction normale après un tel premier contact est de se jeter dessus et de lui ôter sa robe noire pour voir plus en détails ce qu’elle cache dessous. C’est ce que j’ai bien évidemment fait et voici ce que l’on y découvre, un imposant compresseur et tout ce qui va avec ! Vous remarquerez que le Vapochill est cloisonné, c’est à dire que le système de refroidissement est complètement indépendant du reste du boîtier. Celui-ci se trouve sur le haut et pour y avoir accès, il vous faudra enlever une tôle vissée. En fonctionnement normal, il est en effet inutile d’avoir accès à cette partie, tous les réglages se faisant de manière logiciel.
Au centre donc, on voit bien le compresseur qui va faire chauffer et monter le fluide en pression. Celui-ci est monté sur silent-blocks qui empêcheront de propager les vibrations du moteur à l’ensemble du châssis. A droite, c’est le condenseur qui servira à refroidir le R404a. Pour mener a bien cette opération, il est aidé par un ventilateur de 120mm de la marque Sunon, le même que celui disponible avec le Waterchill (2300rpm - 34dBA), qui va être régulé en fonction de la dissipation - et donc du besoin - rencontrée par l’évaporateur. Comme je le disais plus haut, la partie fonctionnement étant cloisonnée, l’air chaud dissipé par le condenseur doit être refoulé hors du boîtier. Pour se faire, Asetek a fait appel à Papst et son 4412 FGMLD (1950rpm - 32dBA).
Pour ce qui est de l’évaporateur, plutôt que de vous en faire une photo, j’ai emprunté ce schéma à Asetek qui est beaucoup plus parlant. Cette pièce est en fait beaucoup plus simple qu’il n’y paraît. Elle est principalement constituée d’une partie en cuivre qui va dissiper la chaleur dégagée par le processeur. Le reste n’est composé que de la fixation au socket (qui se sert des ergots classiques) et de néoprène qui va faire office d’isolant.
Présentation (suite)
Intéressons-nous maintenant au boîtier lui-même. Il est constitué d’acier et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il pèse son poids (compresseur oblige) ! Néanmoins cela ne pose aucun problème car comme un frigo, il est fortement déconseillé de le déplacer. Inutile donc de déjà penser à aller l’exhiber lors de la prochaine lan.
Pour avoir accès à l’intérieur, il suffit d’ôter deux vis à main pour pouvoir libérer et faire coulisser le panneau vitré. Il sera également utile d’enlever celui du côté opposé car le Vapochill permet le démontage du panneau de support de la carte mère pour un assemblage plus aisé à l’extérieur.
Un coup d’oeil à l’intérieur et l’on remarque tout de suite ce qui va le différencier des autres boîtiers: l’emplacement de l’alimentation. Celle-ci va venir se fixer à côté de la carte mère faute de place sur le dessus à cause du compartiment de refroidissement. Bien que peu esthétique, cette solution semble cependant assez pratique d’un point de vue refroidissement. En effet l’alimentation, dont le ventilateur d’aspiration se trouvera juste en face du processeur, pourra ainsi bénéficier du faible flux air frais qui sera dégagé par l’évaporateur lui-même.
Le reste du boîtier est plus classique. Il comporte 3 emplacements 5'1/4, un emplacement disquette et 5 au format 3'1/2. Ici, point de système d’assemblage rapide ou pratique comme on le voit de nos jours, tous les lecteurs sont a vissés. Pour refroidir les disques durs, Asetek a laissé de la place entre le rack et la façade du boîtier pour pouvoir ajouter un ventilateur de 120 mm, mais en bricolant un peu, deux de 80 peuvent facilement y rentrer.
Caché derrière les emplacements 3'1/2, voici le centre névralgique du Vapochill. C’est cette carte qui va permettre de gérer et de paramétrer l’ensemble du système de refroidissement. Pour avoir accès à l’interface du ChillControl, il suffit de booter sur la disquette fournie en ayant préalablement connecté la carte à un des ports COM de la carte mère.
La colonne de gauche n’est là que pour fournir des informations sur le système. Intéressons nous plutôt à celle de droite où tous les réglages vont être effectués.
Le paramètre 'Hold temp. at' permet de choisir la capacité de refroidissement du Vapochill. Le maximum est de -30°C mais il faut savoir que plus la demande est importante, plus le bruit engendré par le système sera important.
'Start PC at' sert à déterminer à partir de quelle température le ChillControl va démarrer l’ensemble du PC. Réglé sur -5°C dans notre cas, le Vapochill va démarrer seul jusqu’à ce que la température du processeur atteigne ce seuil, pour enfin démarrer la carte mère.
'Warning at' permet au Vapochill d’émettre une alerte en cas de température trop importante.
'Shut Down at' permet d’éteindre le système à la température désirée pour éviter les surchauffes.
'Fan Speed' permet de contrôler en pourcentage la vitesse de rotation des ventilateurs. 'External' contrôle le Papst en extraction et 'Condenser' celui du condenseur.
Le plus inutile des paramètres est 'CPU Speed' qui permet juste de choisir la fréquence à afficher sur la façade du Vapochill. De quoi se la péter en indiquant 5500 MHz...
Enfin 'Temperature Output' permet de switcher entre un affichage en °C et en °F.Montage
Nous allons ici aborder la partie la plus chagrinante du test. Comme dans un boîtier normal, il suffit d’assembler son PC pièce par pièce sans recommandations particulières. Je vous rassure, je n’emploie pas le terme 'chagrinant' à cause de la difficulté d’assemblage du système, celui-ci étant très aisé notamment grâce à un manuel d’utilisation très bien illustré. Non, ce qui fait mal au coeur c’est la préparation... Pour atteindre des températures de fonctionnement aussi basses sans dégrader son matériel, il faut passer par l’étape obligatoire de l’isolement des pièces, sans quoi votre processeur ou votre carte mère pourrait subir des dommages irréversibles à cause de la condensation.
Première étape : la préparation du processeur
C’est dans cette partie que nous allons habiller le processeur pour qu’il puisse affronter un hiver rigoureux.
Pour le test, je me suis servi de mon Athlon XP 2600+ FSB 333. La première chose à faire est d’enlever les quatre petits tampons de néoprène du processeur. Dans le kit d’assemblage pour CPU AMD, 3 petits spacers sont fournis : 1 pour les cores Barton, 1 pour les Thoroughbred et 1 pour les Palomino. Il suffit de choisir celui correspondant à son processeur et de le mettre en place pour éviter d’endommager son die. Ensuite il reste juste à positionner ce qui va servir de sonde thermique au Vapochill pour relever les températures du CPU. Les deux éléments à ajouter son adhésifs et ne nécessitent pas de manipulation particulière pour être apposé.
Deuxième étape : la préparation du socket
Passons à la douloureuse préparation du socket ! Avec le Vapochill, Asetek fournit de la pâte thermique destinée à isoler du froid les composants du socket qui devraient être soumis aux basses températures.
La méthode consiste donc à enduire généreusement son socket en essayant de faire pénétrer au maximum la pâte dans les moindres recoins, y compris à l’intérieur des trous destinés aux pins du processeur. Vous imaginerez donc à quel point il m’a pu être difficile de nettoyer correctement ma carte une fois le test du Vapochill terminé... Cependant, l’application n’est pas irréversible et permettra quasiment un retour à la normal car comme toute pâte thermique qui se respecte, un nettoyage au dissolvant de nos chères et tendres viendra grossièrement et avec un peu (voir beaucoup) de patience à bout des restes de pâte.
Troisième étape : montage du processeur et mise en place de l’évaporateur
Avant de monter le processeur, il reste deux petites choses à réaliser :
-premièrement, déposer dans le trou du socket, là où il y a la sonde thermique, un carré de néoprène déjà découpé pour isoler au maximum le socket du processeur.
-deuxièmement, rajouter encore un peu de pâte sur les pins mêmes du processeur... comme s’il n’y en avait pas assez !!!
Une fois fait, on met son processeur en place et voilà ce que ça donne :
Vous aurez remarqué que j’ai encore rajouté un autre carré de néoprène, ainsi qu’un peu de pâte pour protéger le reste du processeur.
Montage (suite)
Viens la mise en place de l’évaporateur qui nécessite de prendre quelques précautions. Le tuyau de cuivre où circule le fluide réfrigérant étant souple, Asetek préconise de plier celui-ci afin que l’évaporateur puisse se mettre quasiment tout seul en place au dessus du socket.
Une fois correctement façonné, il faut enduire le die avec de la pâte thermique classique (de l’Arctic Céramique dans mon cas) et essayer de positionner l’évaporateur afin de voir si le contact avec le processeur est bien centré. Il ne reste que l’étape du serrage où il faudra faire attention à visser correctement la fixation pour que l’évaporateur reste bien à plat sur le processeur.
Mise en route
Le reste du montage est classique et voici à quoi ressemble le Vapochill une fois que tout est fini. Pour lui donner un petit look 'tuning', j’ai rajouté un ventilateur bleu en façade ainsi que le Muskeeter de chez Cooler Master. Les deux LEDs bleues, témoins d’alimentation et d’activité des disques durs, sont elles d’origine. Il est temps de mettre la bête en route...
Pas de surprises, seul le compresseur démarre et la sonorité qu’il émet est très familière, on dirait vraiment un frigo qui s’allume ! Après un petit moment de chauffe et de mise en pression (environ 1mn), l’afficheur en façade commence à donner la température du processeur : 3, 1, -1, -3, -5°C et le ChillControl démarre la carte mère, comme le prévoyait le paramétrage. A peine le temps d’arriver sous Windows et notre CPU est déjà à -26°C. Une fois le système définitivement amorcé, je jette un coup d’oeil à Motherboard Monitor et la sonde de la carte mère me donne 11°C. Bonne nouvelle, cela prouve que j’ai bien isolé le socket et que tout risque de condensation est quasiment évité à ce niveau.
Les choses sérieuses vont pouvoir commencer, passons à la phase de tests.
Configuration
Boîtier : Asetek Vapochil XE fournit par Computer Supplies
Processeur : AMD Athlon XP 2600+ FSB 333 MHz
Carte mère : ABIT NF7-S Rev 2.0
Mémoire : 2x256 Mo Corsair PC3200LL XMS
Carte graphique : GeForce FX 5900
Disque dur : Maxtor DiamondMax Plus 9 ATA 133
Performances
Pour effectuer les tests du Vapochill, j’ai bien évidemment essayé d’overclocker mon processeur à son maximum. Grosse déception ! Même avec l’importante capacité de dissipation du système, mon Athlon XP 2600+ n’a pas voulu aller plus loin que 2675 MHz.
La première tentative a été effectuée avec le FSB à fréquence d’origine, soit 166 (ou 333) MHz. Avec ce réglage, mon CPU n’a pas accepté de coefficient multiplicateur supérieur à 16, quel que soit le voltage. Pour stabiliser le processeur et lui faire accepter quelques heures de Prime95 sans broncher, le réglage Vcore du bios a été réglé à 2,05v :
La deuxième tentative a été de pousser le FSB à 200 MHz pour essayer un coefficient multiplicateur de 13,5 et ainsi passer le cap des 2700 MHz. Mais là, pas moyen, Windows démarre mais le Torture Test de Prime95 échoue au bout de quelques minutes. Retour donc aux réglages de la première tentative, un peu déçu de ne pas avoir obtenu une fréquence de fonctionnement stable plus importante; je commence vraiment à me demander si mon 2600+ n’a pas pris un coup dans l’aile...
Place aux mesures. Le Vapochill dispose d’un afficheur en façade qui permet à tout moment de contrôler la température au niveau de la sonde qui est collée au CPU lors du montage. Cependant cette sonde est assez loin du die et la température qu’elle indique est faussée. Quand à la sonde du socket habituellement utilisée pour contrôler ses températures, elle est inutilisable à cause de l’isolation précédemment effectuée. Pour obtenir des températures assez proches de la réalité, j’ai effectué quelques recherches et j’ai trouvé sur le site d’Asetek le tableau de correspondance que voici :
La courbe qui va nous intéresser est bien entendu la courbe verte, celle qui correspond à notre modèle. Pour essayer tant bien que mal de vérifier les résultats donnés, je me suis servi du logiciel
CPU Power développé par mon ami Kostik du site
PC Silencieux. Ce dernier m’a donné les résultats suivants :
A 2133 MHz 1.65v : 68.3W
A 2675 MHz 2.05v : 130.3W
Par bonheur, en rapportant ces valeurs au graphique ci-dessus, il s’est avéré que les températures affichée par le Vapochill correspondait quasiment à celles données par le constructeur, l’occasion de pouvoir extrapoler un peu afin de donner une indication de la température au niveau du die, qui est indiquée sur le graphique à droite.Performances (suite)
Voici donc les mesures de températures obtenues. Il y a donc une température au niveau du CPU fournie par la sonde du Vapochill et une autre qui devrait sensiblement se rapprocher de celle du die du processeur :
Sur le premier graphique, je vous ai donné en indication la température relevée avec le très performant radiateur ThermalRight 947U. Bien entendu, je n’ai même pas tenté de vous donner celle-ci à la fréquence de 2675 MHz !
Rien à dire sur les performances du Vapochill qui, même avec mon 2600+ poussé à son maximum, restent bien en deçà des 15°C ! C’est à se demander quel genre de processeur overclocké pourrait réussir à pousser ce genre de système de refroidissement dans ses dernières limites !!! A n’en pas douter, la seule barrière qui pourrait empêcher un utilisateur à manquer un bel overclocking serait sans doute le processeur lui-même, et donc sa stabilité, et en aucun cas une température trop importante.
Conclusion
Je vais peut être vous étonner mais le Vapochill m’a laissé une impression très mitigée. Commençons par les points positifs du système, et en premier lieu ses performances. Comme je le disais plus haut, celle-ci sont tout simplement excellentes et il serait inconcevable de pouvoir en donner mauvaise impression. L’esthétique du boîtier est elle aussi réussie et à vrai dire le Vapochill arbore une plastique qui est loin de laisser indifférent.
D’un autre côté, le plus gênant avec le Vapochill, et surtout avec le modèle XE que nous venons de tester, est son prix exorbitant de 730.54€ !!! Ouchh, voilà un produit destiné à une clientèle vraiment ciblée composée de fortunés et/ou d’accros à l’overclocking haut de gamme. Pour en rajouter un peu, je dirais que vu le prix hallucinant de la bête, on aurait pu s’attendre à trouver une partie 'boîtier' de bien meilleure facture. En effet, les matériaux utilisés semblent bas de gamme à l’image des boîtiers pas chers que l’on trouve ici et là. On aurait également souhaité trouver un peu plus de raffinement à l’intérieur même, notamment au niveau de la fixation des disques.
Côté utilisation quotidienne, on ne peut pas vraiment dire que le Vapochill est silencieux ou bruyant. Pour un boîtier embarquant un compresseur de frigo, j’ai été assez surpris par son niveau sonore, qui dépend exclusivement de la quantité de chaleur à dissiper. Pour une utilisation comme la mienne, cela est à vrai dire assez acceptable.
Pour résumer et s’il fallait donner les plus et les moins de ce Vapochill Extreme Edition, nous donnerions un gros plus pour les performances et l’esthétique, et un moins pour le prix de l’engin ainsi que sa qualité de fabrication et de finition.
Un grand merci à Gaëtan de Computer Supplies pour m’avoir donner l’opportunité de faire joujou au moins une fois avec Vapochill
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