Introduction
Lorsque l’on monte soi-même un watercooling, entendez par-là que l’on va choisir chacune des pièces qui vont le composer, le waterblock processeur est sans doute le composant qui va demander le plus d’attentions. Parmi le choix maintenant conséquent des pièces disponibles, nous avons décidé d’effectuer un petit comparatif entre deux marques dont la réputation des waterblocks n’est plus à faire, DangerDen avec ses Maze 4 et RBX, et AplhaCool et son fameux NexXxoS HP.
DangerDen
Acteur incontournable du refroidissement liquide, DangerDen fait partie de ces sociétés qui ont contribuées à rendre la pratique du watercooling populaire. Malgré des méthodes de développement quelque peu discutables, nous verrons pourquoi, nous avons choisi de nous procurer deux des derniers waterblocks mis en vente par la firme, à savoir le DangerDen Maze 4, né logiquement après la sortie du populaire Maze 3, et le DangerDen RBX, dernier block en date de la marque.
Le Maze 4
Si vous suiviez assidûment l’actualité watercooling, vous devez sans doute connaître le Zytrablock, un excellent waterblock sorti de l’imagination débordante de deux grands passionnés, Zytra et Rosco (petit bonjour au passage), qui partagèrent sur les forums et sur leur site les différentes étapes de la mise en place de leur projet de waterblock 'zéro perte de charges'. Alors que les premiers exemplaires commençaient à être opérationnels, ce fût avec beaucoup de surprise que Mr DangerDen commença à mettre en vente le Maze 4, un waterblock dont la ressemblance avec le Zytrablock en étonna plus d’un… Coïncidence ou pas, la surprise fût telle que beaucoup d’utilisateurs décidèrent de boycotter ce modèle qui se révéla logiquement performant, et ce malgré un design bien moins pointu que celui proposer par le Zytrablock.
Comme le Zytrablock, le Maze 4 de DangerDen est censé être un waterblock limitant au maximum les pertes de charge, et qui va donc nécessiter le plus de débit possible. Je rappel rapidement pour les néophytes qu’une 'perte de charge' est la résultante d’une baisse de débit après un passage dans un élément donné, comme un waterblock dans notre cas. Pour éviter ces pertes de charge, le circuit interne du Maze 4 est constitué de canaux profilés qui vont permettre au liquide d’effectuer son chemin sans rencontrer d’obstacles. Gros débit oblige, ce waterblock nécessite des tuyaux à gros diamètre interne de 12mm qui viendront s’y fixer grâce à des embouts cannelés de la même dimension.
Le Maze 5 alias RBX
Pour introduire le RBX, je vais commencer comme pour le Maze 4 par vous parler d’un waterblock qui y ressemble étrangement et qui avait fait ses preuves bien avant lui. Décidément me direz-vous, c’est étonnant à quel point les designers de chez DangerDen peuvent avoir comme imagination ! Bref. Contrairement au Maze 4, le RBX propose de refroidir votre processeur en utilisant la technique que l’on appel à 'impacts de jets' et qui fût introduite préalablement par Cathar (son concepteur) et le populaire LRWW (Little River White Water).
Le principe de fonctionnement est très simple bien qu’à première vue, là où nous étions habitués à voir deux embouts par waterblock nous en trouvons ici trois. Pas de panique, pour comprendre à quoi servent ces trois embouts il suffit juste de comprendre que le RBX fonctionne grâce aux impacts de jets précédemment mentionnés. Le liquide arrive tout d’abord par l’embout du milieu où il va rencontrer une pastille (que nous verrons plus loin). Après l’impact sur la surface d’échange que nous pouvons voir sur la photo ci-dessus, le jet va s’éclater de gauche à droite en suivant les canaux pour ensuite arriver de chaque côté du waterblock et ainsi finir son circuit. Rien de plus simple donc, l’embout du milieu est l’arrivée du liquide et les deux autres sont les sorties ; il ne restera plus qu’à mettre un Y (fournit) pour regrouper les deux tuyaux de chaque sortie et n’en faire qu’une.
Alors que le design du waterblock lui-même est résolument pompeux, DangerDen a souhaité innover en proposant en option 5 pastilles différentes que vous pourrez voir ci dessous. Ces pièces, destinées à être intercalées entre l’arrivée de liquide et la zone d’impact, vont servir à changer la 'forme' du jet en fonction de son choix.
Voici une petite description de chaque pastille, récupérée sur le site de
DangerDen :
La n°1, qui ne figure pas sur la photo vu qu’elle est montée d’origine sur le RBX, est considérée comme référence.
La n°2 augmente la taille du jet de 10%
La n°3 réduit la taille du jet de 10%
La n°4 réduit la taille du jet de 20% (grosses pertes de charges)
La n°5 est constituée de 'nozzles' qui vont permettre de créer plusieurs jets bien dirigés
La n°6 est à usiner soi même, si l’on sait ce que l’on fait !!!
Malgré mon manque de temps pour essayer chaque pastille, il semblerait d’après certains avis que la n°5 serait l’une des plus performante…
Pour en finir sur la présentation de ces deux waterblocks made by DangerDen, je tiens à préciser que les versions de base pour processeurs AMD Athlon XP nécessitent les trous de fixation autour du socket. Mais rassurez-vous, la société a développé parallèlement toute une gamme d’accessoires dont des fixations spéciales qui se serviront classiquement des ergots du socket.
AlphaCool NexXxoS HP
Vous l’attendiez et bien le voilà !!! Si je m’exprime ainsi, c’est que la réputation de ce récent waterblock n’est déjà plus à faire. AlphaCool a véritablement réussi un tour de maître en fabriquant le NexXxoS HP qui, lors de sa sortie, est immédiatement passé en 1ère position du grand classement du site
Watercool Planet, et ce pendant le temps record de…quelques jours ! Cependant point d’inquiétudes à son sujet, celui-ci est toujours et encore à la deuxième place, alors qu’à la première siège l’excellent 1a-hv2, dont vous aurez un petit test dans quelques temps si tout se passe comme prévu.
Ce qui est intéressant avec le NexXxoS HP, c’est que les petits gars de chez AlphaCool ont eu l’idée géniale de combiner des techniques différentes pour faire de ce waterblock un des meilleur du monde :
Premièrement, à l’image du RBX de DangerDen, celui-ci fonctionne grâce aux impacts de jets comme peut le démontrer la photo ci-dessus représentant les 17 nozzles qui constitue l’admission de liquide et qui sont taillés s’il vous plait dans le top plexi lui-même.
Deuxième technique employée, celle dîtes des 'micro-canaux', comme peut le témoigner l’importante quantité de canaux perpendiculaires sur la surface du block.
Qui dit micro-canaux dit bien entendu pertes de charges et nous verrons plus loin que ce waterblock ne déroge pas à la règle, attention donc à bien choisir sa pompe si vous deviez en faire l’acquisition. Pour finir sur la partie présentation de ce waterblock, le NexXxoS HP se fixe à la carte mère via les trous autour du socket mais comme pour DangerDen, une version fixable au socket est bel et bien disponible.
Plate-forme de tests
DangerDen Maze 4
DangerDen RBX
AlphaCool NexXxoS HP
Radiateur Black Ice Xtrem + 2 NoiseBlocker 120mm
Pompe Eheim 1048 (600 l/h)
Airtrap Innovatek Tank-O-Matic
Circuit en 12mm pour les waterblocks DangerDen
Circuit en 8mm pour le NexXxoS HP
AMD Athlon XP 2600+ FSB 333 (2083 MHz) Thoroughbred
DFI LanParty NFIIUltraB
2x256 Mo Corsair XMS PC3200LL
GeForce FX 5900Pertes de charge
Lors des tests de waterblocks, tout le monde parle toujours de ces fameuses pertes de charge sans jamais les quantifier. J’ai donc décidé d’essayer de vous faire partager ce phénomène en mesurant le débit d’une pompe sans waterblock, puis avec chacun de ceux qui nous concerne.
Pour se faire et bien que je ne soit pas du tout outillé pour ce genre de mesures, je me suis servi tout simplement d’un seau gradué de 20 litres et j’ai chronométré le temps que mettait chaque circuit à vider son contenu. J’ai ainsi obtenu un débit moyen pour chaque waterblock, débit que j’ai pu retrancher au débit de la pompe à vide (c’est à dire la pompe + le circuit bien sûre, mais sans block), et ainsi obtenir une mesure de la résistance qu’apporte les différents blocks testés. Voici le résultat :
Comme on s’en doutait, le NexXxoS HP est le waterblock qui fait perdre le plus de débit à la pompe, à peu près trois fois plus que le RBX ! Quant au Maze 4, le design limitant les pertes de charges semble faire ici toutes ses preuves…
Pour les personnes qui pensent que ces résultats sont tout de même peu impressionnants, et ce même avec le NexXxoS HP qui ne fait perdre 'que' 24.22 l/h au débit de la Eheim 1048, je souhaite vous dire que vous vous trompez fortement. En effet, bien que certifiée à 600 l/h, le débit réel de la pompe évalué par mes soins (pour ne pas dire mesuré), ne se trouve être que d’environ 165 l/h. La cause d’une telle différence ? Premièrement le débit annoncé de 600 l/h correspond à un débit théorique maximum dans des conditions bien précises et deuxièmement, il ne faut pas perdre de vue que le circuit composé de tuyaux provoque lui aussi d’importantes pertes de charge. Là où on aurait pu croire que le NexXxoS HP ne cassait que de 0.5% le débit du circuit, il s’avère que celui-ci en casse environ 15%...
Performances
Commençons par un screen-shot de CPUz pour vous présenter l’overclocking réalisé afin d’effectuer les différentes mesures de température :
A cette fréquence et ce voltage, le processeur de test s’est révélé complètement stable. Les températures ont été relevées au bout d’une heure de Torture Test sous Prime95. Deux températures différentes ont été prises, à savoir celle de l’eau grâce à une sonde directement dans l’airtrap et celle du processeur avec une sonde Senfu.
Si nous devions en rester là, ce serait bien difficile de départager nos trois waterblocks n’est-ce pas ? Allons alors un peu plus loin en calculant le delta de température, soit la différence entre la température du CPU et celle du liquide. L’écart le plus petit correspondra au waterblock le plus performant :
Le gagnant de ce comparatif est donc le NexXxoS HP qui emporte le match de peu face au RBX. En avant pour la conclusion de ce test !
Conclusion
Pour commencer, je souhaite vivement remercier le magasin de VPC
OpenJL et particulièrement Jérôme qui m’a prêté tous les waterblocks de ce comparatif.
Comment finir sur un match aussi serré ? Et bien je pense, en comparant les waterblocks, et surtout le DangerDen RBX et l’AlphaCool NexXxoS HP sur d’autres critères, en commençant par le prix de chacun.
Le NexXxoS HP est vendu chez notre partenaire au prix de
54.90€ pour les versions AMD Athlon XP et Pentium 4. En y rajoutant 2.60€, vous pourrez obtenir une version spéciale Athlon 64 ou encore une autre spécialement développée pour se fixer au socket A des processeurs AMD. Seul bémol, le NexXxoS HP est livré sans embouts, qu’il vous faudra acheter parallèlement et au format de filetage 1/8.
Le DangerDen RBX est lui vendu
69€, mais avec tout ce qu’il faut, à savoir les embouts et le Y destiné à regrouper les deux sorties (je précise que les 5 pastilles de réglage ne font pas parties du produit, mais sont disponibles en option). Comme le waterblock d’AlphaCool, vous pourrez le trouver adaptable à tous les types de processeur, du Pentium 4 à l’Athlon 64, en passant par la fixation spéciale pour socket A.
Même remarque concernant le Maze 4 qui, malgré des performances en deçà des autres waterblocks testés, reste un très bon produit. Il est disponible au prix de
49.90€ et aura le gros avantage de ne pas casser les débits et ainsi faire forcer la pompe. Recommandé donc au utilisateur souhaitant investir dans des pompes gros débit, style Eheim 1250 à 1200 l/h.
Pour finir, mon choix se porte naturellement vers le NexXxoS HP. C’est le plus performant et c’est le moins cher des trois. Que demander de plus ? Si une chose, peut être une petite baisse de prix pour qu’il puisse un peu plus concurrencer le 1a-hv2, proposer à 46€ frais de port compris. L’autre avantage que je trouve sympathique au NexXxoS HP est de pouvoir utiliser une pompe à bas débit, style Eheim 1046 ou 1048, et ainsi pouvoir utiliser du tuyau de 10mm externe (8 interne) qui prend bien moins de place dans son boîtier que les énormes tuyaux de 14 ou 16mm externe (12 interne) nécessaires au waterblocks DangerDen.