Introduction
Il n’y a pas si longtemps, nous vous proposions un aperçu du tout nouveau chipset ATI Radeon 9100 IGP à travers notre test du barebone Shuttle ST61G4. Maintenant nous avons l’occasion de vous présenter notre premier test d’une carte mère avec Radeon IGP et il s’agit de la Power Color A300M-E1394. Power Color qui a su convaincre pas mal d’utilisateurs avec ses cartes graphiques saura t’il une fois de plus nous proposer un produit digne de ce nom avec cette carte mère au format micro ATX ? C’est que nous allons découvrir ensemble.
Présentation
Je ne vais pas revenir sur les caractéristiques du chipset ATI Radeon 9100 IGP, David vous l’avait déjà présenté dans son test du ST61G4 qui est toujours consultable
ici. Dans les grandes lignes, il vous faut juste savoir que le 9100 IGP est un chipset pour processeur Intel Pentium 4 qui gère les dernières fonctions à la mode (AGP 8x, USB 2.0 …) et qui dispose d’une puce graphique intégrée dérivée du VPU ATI Radeon 9200.
Malgré sa petite taille, l’A300M-E1394 de Power Color gère ces fonctions et comprend également le contrôleur graphique. D’ailleurs on appréciera l’absence de ventilateur sur le chipset malgré la présence du dit contrôleur. Au niveau de l’agencement des composants sur la carte, il n’y a pas grand-chose à signaler, on à droit à du classique pour une carte mère micro ATX. Les ports IDE sont placés là où il faut, et on regrettera juste l’emplacement du connecteur 12v prévu pour l’alimentation. Cependant, il ne faut pas oublier que les boîtiers micro ATX ne présentent pas forcément la même disposition que les boîtiers ATX, donc, même si au premier coup d’œil certains éléments peuvent paraître bien ou mal placés, tout dépendra réellement du boîtier dans lequel vous pourrez être amenés à installer la carte.
J’ai dit tout à l’heure que l’A300M gérait l’USB 2.0 et l’AGP 8x, mais ce ne sont bien évidemment pas les seules fonctions supportées. Grâce à son chipset, la carte mère de Power Color peut supporter les processeurs Intel Celeron et P4 sur bus à 800 MHz ou à 533 MHz, et Power Color à fait appel à une puce Realtek pour la gestion du son 5.1, ainsi qu’à un contrôleur VIA VT6307 pour le support de l’IEEE 1394 qui est proposé sur la carte que j’ai pu avoir entre les mains.
Sur la photo ci-dessus, vous pouvez voir quatre ports USB 2.0, un port COM, les deux connecteurs pour clavier et souris, la sortie VGA, un port parallèle et les prises relatives à la partie audio. Deux emplacements IEEE 1394 sont quant à eux présents sur un braquet livré dans le bundle. Bundle qui d’ailleurs est plutôt pauvre car il ne contient qu’un CD-ROM accompagné d’un manuel, d’une nappe floppy, d’une nappe ATA100/133, d’un cache métallique et du braquet avec les ports Firewire. Dommage qu’il n’y ait pas de sortie TV
Le BIOS
Le BIOS ou Basic Input Output System de l’A300M est signé Phoenix et est loin d’être aussi complet que celui de certaines cartes mères ATX. Avec l’A300M on peut bien évidemment régler la quantité de mémoire dédiée à la puce graphique (8 à 128 Mo), on peut aussi activer ou non les différentes technologies gérées par la carte, comme par exemple le son intégrée ou la puce graphique si vous avez une carte son ou une carte graphique. Vous pourrez aussi changer les timings mémoire (deux valeurs : fast ou slow) ou la fréquence de la RAM (auto, sync, 100, 133, 166 ou 200 MHz), mais ne cherchez pas une fonction qui pourra vous permettre d’overclocker votre CPU, il n’y en pas ! Il n’y a pas moyen de faire grimper la fréquence du FSB et encore moins de modifier les tensions CPU, ou DDR

C’est plutôt triste car d’autres cartes, même au format micro ATX permettent un minimum d’overclocking.
Remarques et configuration de test
Pour tester cette carte mère A300M-E1394, j’ai utilisé un Pentium 4 C 2.4GHz et 512 Mo de mémoire DDR400 Low Latency signé Corsair. Durant la période de test, et avec la carte qui a obtenu les résultats que vous allez voir tout à l’heure, je n’ai jamais rencontré le moindre problème d’instabilité. La carte a même tourné pendant plus de 24h non stop et n’a toujours présenté aucun signe de faiblesse. Pourtant je me dois de vous préciser que j’ai reçu deux A300M. Avec la première je ne pouvais réaliser aucun test car elle avait tendance à planter dans tous les sens, même si je ne lançais aucune application … La deuxième elle n’avait aucun problème.
CPU : Intel Pentium 4 C 2.4GHz
Ventirad : Intel OEM
Mémoire : Corsair TWINX512-LL
Cartes mères : Power Color A300M-E1394, Albatron 865PE Pro II
Cartes graphiques : Radeon 9200 Gigabyte, HIS 9600XT
Disque Dur : Hitachi 120 Go ATA-100
Alimentations : 350 Watts AOPen
CD-ROM : Noname 52x
Les mesures ont été prises sur l’A300M avec la puce graphique intégrée et avec les Radeon 9200 et 9600XT. Ces deux cartes ont également été utilisées sur une carte mère Albatron à base de chipset i865PE afin de comparer les performances des deux chipsets.
Benchmarks
CPU Mark
CPU Mark nous montre une supériorité du i865PE par rapport à l’IGP 9100 à la sauce Power Color. En sera-t-il de même dans les autres tests ?
PC Mark 2004
Sous PC Mark c’est une fois de plus l’i865PE qui mène et ça, dans tous les cas. On remarquera principalement les faibles performances en matière de gestion mémoire de l’A300M, et les performances graphiques qui semblent être plutôt correctes avec l’IGP quand on le compare à une vraie carte à base de Radeon 9200.
Benchmarks
Sandra
On mettra de côté les performances du test CPU de Sandra qui sont ici assez étranges et notamment en calcul d’entiers. Le test multimédia lui, nous montre des résultats extrêmement proches avec un même un léger avantage pour l’A300M dans les calculs flottants. L’analyse des performances mémoire met par contre une fois de plus en avant les résultats catastrophiques de la carte mère Power Color dans ce domaine.
Est-ce la faute de Power Color ou alors celle du chipset ATI Radeon IGP 9100 ? Apparemment plutôt celle du chipset car David avait pu constater la même chose dans son test du mini PC ST61G4 …
Benchmarks
3DMark 2001
Le Radeon IGP est une fois de plus à la traîne, mais il ne s’en sort pas trop mal lorsque l’on n’utilise pas la puce graphique intégrée. Avec la puce intégrée par contre les résultats sont très mauvais et ne laissent pas penser qu’il sera possible de jouer correctement en l’utilisant, même avec des anciens jeux.
3DMark 2003
Le score CPU de 3D Mark 2003 confirme ce que l’on savait déjà, à savoir que l’i865PE d’Intel pourtant plus ancien, est plus performant que le chipset de Monsieur ATI.
Avec le score global sous 3D Mark 2003, on voit une fois de plus que la puce graphique intégrée est un dérivé vraiment light du Radeon 9200 qui, malgré ses performances faibles par rapport aux chips dernière génération, garde la tête haute par rapport au 9100.
Code Creatures
Que dire, si ce n’est répéter encore la même chose, l’IGP 9100 n’est clairement pas à la hauteur de ce qui se fait aujourd’hui pour ce qui est de sa partie 3D.
Benchmarks
Aquamark
Sous le très gourmand Aquamark 3, l’IGP 9100 obtient un résultat assez proche de celui obtenu avec une Radeon 9200. C’est bien, mais il faut dire que Radeon 9200 ou 9100, les résultats sous Aquamark sont tout simplement mauvais, voir très mauvais …
Gun Metal
Le bench GunMetal utilise le moteur graphique du jeu qui porte le même nom. Tout comme Aquamark, ce benchmark est particulièrement gourmand et cela se voit à travers la framerate moyenne obtenue. Même avec une Radeon 9600XT on ne tourne qu’à environ 16 images par seconde. L’IGP 9100 lui fait deux fois moins bien, et obtient environ les 2/3 du score réalisé par la carte avec Radeon 9200.
RTC Wolfenstein
Bien moins gourmand qu’Aquarmark et GunMetal, Wolfenstein est un jeu plutôt ancien qui utilise le moteur de Quake 3 (DX7). Malgré cela, la puce 9100 IGP s’en sort ici encore plus mal que dans les autres tests quand on la compare à une carte avec Radeon 9200. Certes avec ses 55 images par seconde, l’IGP permet de jouer à Wolfenstein correctement, mais la Radeon 9200 fait deux fois mieux …
UT 2003
Peut on fragger sous UT 2003 avec un Radeon 9100 IGP ? Les tests étant réalisés en 1024x768 on peut dire que oui. A 30 images par seconde, le jeu reste jouable même si, dans une partie sur le net, c’est plutôt vous qui risquez de vous faire fragger …Conclusion
Les premières conclusions qui s’imposent sont les performances plutôt tristounettes du Radeon 9100 IGP d’ATI. Les performances du chipset en lui-même sont perfectibles (notamment en matière de mémoire), mais restent honnêtes. Les performances de la partie graphique par contre sont très en retrait par rapport aux standards d’aujourd’hui, et il aurait été appréciable qu’elles soient au moins au même niveau que celles du Radeon 9200.
Même s’il est vrai que les chipsets tout en un sont dédiés à l’entrée de gamme, il est dommage de voir que le bébé d’ATI n’arrive pas, même avec une carte graphique externe, à chatouiller l’i865PE d’Intel. nVIDIA de son côté avait lui réussi son pari avec la plate-forme Socket A. Le nForce 2, tout comme le nForce 1 en son temps d’ailleurs, dispose dans sa version non IGP de performances haut de gamme. Chez ATI ce n’est pas le cas.
Parlons maintenant le l’A300M-E1394 de Power Color. Format Micro ATX et tout en un oblige, cette carte se destine bien évidemment en premier lieu aux OEMs et aux assembleurs qui veulent afficher des prix attirants. Avec son manque d’options propres à l’overclocking, la carte n’intéressera pas du tout les overclockeurs, par contre avec une option supplémentaire, elle aurait pu être particulièrement intéressante pour ceux qui veulent se monter un PC à connecter sur une télé. Cette option c’est bien sûr la sortie TV qui est inexistante sur l’A300M. Si il y en avait une, et en la combinant au refroidissement passif et donc silencieux du chipset, cette carte aurait pu faire un malheur dans les PC Home Cinema, d’autant plus que la qualité d’image ATI en matière de sortie TV n’est plus à démontrer.
Au final, l’A300M-E1394 est une carte stable et aux performances moyennes qui pourra faire le bonheur des OEMs grâce aux fonctions qu’elle intègre (VGA, Son, LAN, USB 2.0, IEEE 1394 …), et qui pourra également servir dans un petit PC dédié à la bureautique.