Introduction
Peu de temps avant le CeBit, le constructeur CoolerMaster nous avait surpris en annonçant une watercase au design élégant et qui semblait proposer modularité et performances. Curieux d’en savoir plus sur le produit, je me suis empressé de contacter la firme Taiwanaise qui a bien voulu m’envoyer un exemplaire de pré-production de cette nouvelle watercase appelée Aquagate.
Parallèlement, ce fut pour nous l’occasion de tester et de pouvoir comparer cette Aquagate à un autre produit signé cette fois ThermalTake, l’Aquarius III.
L’Aquagate ALC-U01
N’étant pas vraiment fan des produits tout en un comme le sont les différentes watercases du marché, je dois bien avouer que cette fois l’ALC-U01 (Aquagate Liquid Cooling Unit) ne m’a pas laissé de marbre, et ce grâce à un design que je trouve vraiment des plus réussi :
Fidèle à l’image classique des produits CoolerMaster (à qui l’on doit je rappel par exemple le magnifique boîtier WaveMaster ou encore le Museketeer au design retro-futuriste), l’Aquagate nous arrive dans une belle robe exclusivement constituée d’aluminium brossé et garnie d’un bel écran LCD retro-éclairé en bleu, et cerclé de chrome.
Sur cet écran, nous retrouverons deux mesures, dont une correspond à la température de l’eau et l’autre théoriquement à celle du processeur, qui sera disponible en installant comme il se doit la sonde fournie à cet effet. On retrouvera également 4 indicateurs appelés 'CPU', 'Tank', 'Fan' et 'Water'. Outre le fait qu’ils servent à repérer à quoi correspondent les paramètres sur l’écran, ils vont aussi servir d’alarme en clignotant, appuyés par de bruyants bips. Cette alarme se déclenchera si :
la température CPU (réglable) est trop importante (CPU clignote)
la température de l’eau (réglable) est trop importante (TANK clignote)
le ventilateur ne tourne pas (FAN clignote)
le volume d’eau dans le réservoir est trop faible (WATER clignote)
Dans le cas où une alarme se déclencherait, l’Aquagate est programmable pour éteindre automatiquement l’ensemble de l’ordinateur, dans un laps de temps compris entre 5 et 100 secondes.
Parmi les autres paramètres disponibles en façade, il sera aussi possible de régler la vitesse de rotation du ventilateur selon trois vitesses préréglées.
Aquagate : modularité exmplaire
Mais le plus surprenant avec l’Aquagate, c’est en fait sa taille. Comme toute watercase qui se respecte, je tiens à vous rappeler que cette dernière embarque un ventilateur, un radiateur, une pompe, un réservoir, ainsi que toute l’électronique nécessaire à son fonctionnement, et le tout dans un encombrement réduit puisque cette dernière n’occupe en fait que deux emplacements 5'1/4 !!! Et c’est bien là que je trouve que CoolerMaster a fait très fort, l’Aquagate étant d’ores et déjà ce qui se fait de plus simple (et j’ai envie de dire de plus jolie) en matière d’intégration.
C’est donc le plus facilement du monde que l’Aquagate viendra se loger en façade de votre boîtier (dans un Super LANBOY sur les photos). Vous voulez encore être surpris ? Qu’à cela ne tienne ! L’Aquagate a en fait été dessinée afin de pouvoir également se loger à la place de votre alimentation. Et pour toujours bénéficier de son écran LCD, un accessoire est fourni (toujours en aluminium) afin de recueillir celui-ci et de s’installer cette fois dans un seul emplacement 5'1/4, après l’avoir fait pivoter de 90°. Mais où mettre son alimentation dans ce cas ? C’est vrai qu’avec 99% des boîtiers ce sera impossible à faire sans avoir recours au Dremel et à la perceuse, mais chez CoolerMaster ce sont des malins ! Parallèlement à la sortie prochaine de cette Aquagate, le constructeur proposera un tout nouveau boîtier appelé CM Stacker (innovant lui aussi à plus d’un titre) qui aura la particularité de disposer de deux emplacements pour alimentations… Pas folle la guêpe !!!
Pour en finir sur la partie installation de l’Aquagate, sachez tout de même que vous pourrez utiliser celle-ci en externe, des pieds en caoutchouc étant compris dans le bundle.
Aquagate : l’intérieur
Il est maintenant temps d’ouvrir cette fameuse watercase pour voir ce qu’elle nous cache à l’intérieur.
L’aluminium étant ici de rigueur, c’est avec un peu de déception que l’on retrouve un radiateur entièrement constitué de cette matière, moins conductrice que le cuivre. Toutefois, le constructeur a eu le bon goût d’opter pour un modèle assez similaire au Black Ice Micro de HWLabs, c’est à dire constitué de tubes plats qui maximisent la surface d’échange, le tout à la dimension du ventilateur de 80mm, de marque CoolerMaster bien sûre.
L’étape suivante de la circulation du liquide passe par un petit réservoir lui aussi en aluminium (photo en bas à gauche). Sur le côté droit, on trouve l’endroit où se fera le remplissage du circuit. Autant dire que c’est assez confiné et que cela ne facilite pas l’opération, bien que l’on trouve dans le bundle un flacon complet permettant un remplissage du système (avec le liquide bien sûr) et accompagné d’un embout fin et long, censé faciliter la chose. De l’autre côté, on retrouve un bouchon qui restera fixe, d’où partent deux câbles. Le premier est relié à la sonde qui renseigne la température du liquide alors que l’autre est raccordé à une sorte de niveau par bouchon mobile qui permettra d’alerter l’utilisateur s’il manquait de liquide.
Enfin dernière étape du circuit avant le waterblock, la pompe qui ressemble fortement à une de celles que propose la société MaxiJet. Malgré cette ressemblance, celle-ci a été développée par une autre société spécialement pour CoolerMaster.
Dernier point à souligner, tous ces éléments sont reliés entre eux par du tuyau de gros diamètre qui permettra d’éviter au maximum les pertes de charge.
Raccordement de l’Aquagate
Avant de mettre en service notre Aquagate, il convient évidemment de raccorder tous les éléments manquant, à savoir les tuyaux et le waterblock, ou encore son alimentation électrique ou électronique via la carte contrôleur fournie.
Commençons par les tuyaux qui pour l’occasion sont accompagnés d’embouts exclusifs qui permettront d’être montés et démontés à volonté sans laisser passer de liquide, grâce à un système de soupapes et de clips fort pratiques. Dans le cas d’une intégration complète, ils ne serviront pas à grand-chose, mais l’Aquagate utilisée en externe comme une watercase classique, ce sera grandement appréciable lors des déplacements qui nécessitent à coup sûr ce démontage.
L’alimentation électrique est elle assurée par un petit transformateur fournissant exclusivement à la pompe du 110v. Ce transformateur dispose d’un côté d’un adaptateur à brancher directement sur l’Aquagate et de l’autre une rallonge qui vient s’emboîtée sur l’alimentation afin de bénéficier du 220v classique.
Le transformateur fournit ne servant qu’à la pompe, il faudra alimenter le ventilateur, l’écran ou le reste de l’électronique avec une prise Molex classique à brancher sur la carte contrôleur fournie. Celle-ci est destinée à prendre place dans un des emplacements PCI du boîtier, et recevra également la sonde de température à glisser sous le processeur, ainsi qu’une rallonge à brancher sur la carte mère (là où se branche le switch du boîtier qui permet d’allumer et d’éteindre le système, afin que l’Aquagate puisse forcer l’arrêt du système en cas de surchauffe). Cette carte sert également de connecteur pour l’écran (s’il est dissocier de l’ensemble) et de passe-cloison aux tuyaux dans le cas de l’utilisation de l’Aquagate en externe.
Ce qui nous permettait d’espérer de bonnes performances avec l’Aquagate, c’était l’apparente qualité du waterblock qui lui était associé. Compatible avec tous les processeurs (fixation pour Socket A, 478 et 754), il est entièrement constitué de cuivre. Son principe de refroidissement est lui plus ou moins calqué sur le Maze 4 de DangerDen, avec plusieurs canaux en son centre qui permettent d’augmenter la surface de dissipation du cuivre, tout en limitant plus ou moins les pertes de charges. Son top-plexi est lui équipé d’embouts auto-serrant à l’image de ceux disponibles sur les produits Innovatek. Je n’ai pas pensé à faire une photo de sa base, mais croyez moi, celle-ci bénéficie d’un polissage exemplaire.
Comme vous avez pu le voir, l’Aquagate est un produit vraiment intéressant, tant au niveau design et finition, que fonctionnel. Mais avant de passer aux mesures de performances, attardons nous sur son concurrent d’aujourd’hui, à savoir l’Aquarius III de ThermalTake.
ThermalTake Aquarius III
Après un Aquarius II qui laissait indifférent à cause de performances franchement mauvaises, ThermalTake se devait de sortir un produit watercooling enfin attirant, capable de rivaliser avec par exemple l’HydroCool de Corsair ou encore l’Aquagate que nous avons vu précédement. Ce miracle se serait il concrétisé avec la watercase baptisée Aquarius III ?
Comme toujours chez ThermalTake, on aime ou pas ! Malgré le look plutôt agressif de la bête (je penche plus pour la sobriété), je trouve l’Aquarius III assez réussi avec ce mélange bleu et argent. En façade, on retrouve trois afficheurs, dont deux sont destinés aux températures (CPU et liquide) et un à la vitesse du ventilateur, ainsi que le potar qui contrôle cette même vitesse.
Une fois l’appareil sous tension, les deux afficheurs de températures s’allument en bleu (passage au violet dès le déclenchement d’une alarme température réglable), et même si ça ne se voit pas à cause du flash sur la photo, l’afficheur de la vitesse de rotation du ventilateur s’allume en rouge.
Sur la face arrière de l’Aquarius III, on retrouve l’entrée et la sortie de liquide avec leurs embouts cannelés à robinets ainsi qu’un port COM, destiné à recevoir le câble qui apporte l’alimentation nécessaire à la machine. On peut également distinguer une partie du radiateur, dont la couleur indique indubitablement qu’il est composé de cuivre.
L’autre chose que l’on peut voir de l’extérieur avec l’Aquarius III, c’est son ensemble réservoir-pompe qui permet de distinguer le niveau de liquide dans le circuit, et d’accéder à son remplissage en enlevant la pastille caoutchoutée, initialement cachée par une plaque en aluminium à retirer. Une fois démonté, cet ensemble est solidaire du capot, et raccordé au reste du système par les mêmes tuyaux que ceux qui seront utilisés pour le montage du waterblock. C’est également ici que se trouve la sonde qui renseigne de la température du liquide.
Aquarius III : l’intéerieur
Une fois le capot désolidarisé de l’ensemble, on peut avoir accès aux entrailles de l’Aquarius III. Première constatation, le ventilateur à 3 pâles du radiateur est le même que celui disponible sur le Volcano 12 de la même marque. Autant dire que ça va souffler fort, celui-ci développant un nombre de CFM assez impressionnant (et de bruit aussi). Un petit coup d’œil au radiateur confirme l’emploi du cuivre pour sa construction. Malheureusement, celui est constitué par un circuit en 8 passes de tube rond, réputés pour être moins efficaces que ceux à tubes plats, genre radiateurs HWLabs. Dommage ! Autre point intriguant, le ventilateur n’est pas collé au radiateur. A coup sûr, ce décrochage limitera les performances du système puisqu’il engendrera inévitablement des pertes de flux… Peut être les ingénieurs ThermalTake ont eu recours à cette méthode pour limiter le débit sonore de l’ensemble ??? Il est à noter que l’aspiration d’air frais sera effectuée par le dessous de l’appareil, à travers la grille que l’on peut distinguer sur les photos. Je suis presque sûre que le système profiterait de monter le ventilateur à l’envers, c’est-à-dire l’aspiration à travers le radiateur…
Sur la partie avant de l’Aquarius III, on retrouve toute la partie électronique et alimentation du système, représenté par le nombre important de connecteurs Molex.
Intéressons maintenant au waterblock fournit avec l’Aquarius III. Nous ne pourrons pas dire grand-chose sur celui-ci car je n’ai pas réussi à l’ouvrir pour accéder à son maze. Néanmoins, il est assez choquant à l’heure actuelle de voir qu’il est entièrement composé d’aluminium ! Mais nous verrons bien ce que cela donne lors des tests. Comme l’Aquagate, toutes les types de fixations sont fournies (A, 478, 754). Plus haut, vous pouvez voir celle destinée au Socket A.
Pour en finir sur la présentation du produit, jetons un petit coup au bracket fournit dans le bundle, qui contient deux embouts passe-cloison ainsi que le connecteurs électronique et d’alimentation (une sonde de température et une alimentation de type Molex). Dans le cas d’un démontage, les embouts présents sur ce bracket contiennent des robinets qui éviteront que le liquide ne s’échappe. Malheureusement, on ne sera pas à l’abri d’une perte au niveau des tuyaux, où rien ne sera là pour éviter une telle sortie de liquide.
Mon dernier mot sera destiné aux tuyaux qui accompagnent l’Aquarius III. Ceux-ci sont d’un diamètre vraiment petit, et constitué d’un fil métallique pour éviter leurs pincements. Alors certes c’est efficace, mais cela entraîne des pertes de charges vraiment impressionnantes, bien plus importantes que celles que provoquent les waterblocks à micro-canaux…
Passons maintenant aux caractéristiques complètes des deux produits et à la plate-forme de tests, avant d’arriver aux mesures de performances.
Caractéristiques techniques
CoolerMaster Aquagate ALC-U01
Dimensions : 220x148x88 mm
Matériaux : aluminium
Ventilateur : 80 mm
Vitesse de rotation : 2000, 3100 et 4600 rpm (certainement revus à la baisse lors de la sortie du produit d’après le constructeur)
Bruit : 23, 34, 49 dBA (revus à la baisse pour la même raison lors de la sortie, certainement 19, 30, 44 dBA)
Alimentation : 12v et 110v
Waterblock : Plexiglas et Cuivre
Poids : 2 Kg
Résistance thermique : 0.31, 0.25, 0.23 C/W (Pentium 4 3.06 GHz)
ThermalTake Aquarius III
Dimensions : 312x191x135 mm
Matériaux : aluminium
Ventilateur : 80 mm
Vitesse de rotation : 2000 à 5500 rpm
Bruit : 21 à 48 dBA
Alimentation : 12v
Waterblock : Aluminium
Poids : 4.3 Kg
Plate-forme de tests
AMD Athlon XP 3200+
Asus A7N8X-E Deluxe
2x512 Kingston HyperX DDR 433
Maxtor DiamondMax Plus 9 80 Go 8 Mo
GeForceFX 5900Mesures de températures
Pour les mesures de températures des deux processeurs, j’ai passé le Vcore de l’Athlon XP 3200+ de 1.65v à 1.85v. Les températures ont été relevées au bout d’une heure de CPU Burn-in, avec 3 réglages de ventilation par watercases, à savoir le minimum, le maximum, et une vitesse de ventilation moyenne pour l’Aquarius III, qui correspond à la vitesse numéro 2 de l’Aquagate.
On commence avec les températures processeurs. L’Aquagate s’en tire ici bien mieux que l’Aquarius III, avec en moyenne 6°C de moins. Comme il se doit, le couple waterblock cuivre et radiateur à tuyaux plats est bien plus performant qu’un waterblock full aluminium et radiateur à 8 passes !
Ici la tendance s’inverse, l’Aquagate obtient des températures de liquide supérieures à l’Aquarius III. Qu’est ce que cela prouve ? Que le waterblock de l’Aquagate est vraiment meilleur que celui de l’Aquarius III. Pour en finir avec les mesures de températures, passons au delta des deux précédentes températures, qui annoncerons clairement le vainqueur du comparatif.
Avec en moyenne 7° de moins pour le delta, l’Aquagate est à n’en plus douter bien plus performante que l’Aquarius III.Conclusion
Aquarius III
Euh... comment dire ? Il serait temps que les ingénieurs de chez ThermalTake aillent faire un petit stage histoire de comprendre un peu mieux ce qui rend un système de refroidissement liquide plus performant ! Dans tous les cas, l’Aquarius III arrive quand même à être meilleur que son grand frère, c’est déjà pas mal. Mais le plus triste dans l’affaire, c’est de voir à combien se vend un tel système : 239€ pour le moins cher ! J’ai vraiment du mal à imaginer qu’on puise mettre autant d’argent dans un tel système, à moins de vraiment succomber à son look...
Côté nuisances sonores, l’Aquarius III est loin d’être silencieux. Même au minimum, où le ventilateur se fait enfin très peu entendre, c’est la pompe qui prend le relais, un comble ! Bref vous l’aurez compris, il est pour moi impossible de recommander cet Aquarius III. Monsieur ThermalTake, si vous m’entendez, rendez-vous avec l’Aquarius IV.
Aquagate
Et l’Aquagate alors ? Est-ce vraiment un système parfait ? Et bien malheureusement non. On peut en fait lui reprocher presque les mêmes choses que l’Aquarius III, à savoir que c’est un produit très bruyant à vitesse maxi (usine à gaz inside), mais heureusement discret à vitesse minimum, la pompe étant vraiment inaudible !
Autre petit point noir, le remplissage du système. Il est vraiment difficile de distinguer le niveau de liquide à cause du petit orifice destiné à la manipulation. Cependant, après un long entretien avec un des techniciens de chez CoolerMaster, il m’a été promis que la prochaine version aura un trou de remplissage plus grand pour faciliter la chose !!!
Pour le reste c’est du tout bon. Rien à redire quant au design de l’engin et sa modularité, qui vient presque de devenir un nouveau standard dans le petit milieu des watercases. Côté argent, je ne peux malheureusement pas vous dire à quel prix celle-ci sera disponible, on me l’a interdit. La seule chose que je peux vous dévoiler, c’est qu’elle sera bien moins chère que l’Aquarius III, puisque le prix se trouvera en deçà des 200€ !!!
CoolerMaster signe donc ici avec succès son entrée dans le milieu du watercooling, avec une watercase qui devrait faire de l’ombre aux autres produits du genre !