Introduction :
En ces temps où le «tout numérique» est roi, la vidéo grand public n’échappe pas à la règle. A l’instar du monde de l’imagerie qu’est la photo, les offres de caméscopes numériques fleurissent sur les gondoles des distributeurs spécialisés ou de la grande distribution.
Outre l’aspect qualité de l’image, une des grandes innovations de la vidéo numérique est la possibilité de faire de l’acquisition et du montage vidéo en format natif (donc numérique), sans perte de qualité due à la conversion analogique numérique comme le font les ATI All in Wonder, Matrox Marvel, et autre DC10 de Pinnacle Systems.
Présentation :
La Studio DV est une carte d’acquisition numérique d’entrée de gamme, habillée d’un très joli PCB rouge, qui permet de bien prendre en main tous les caméscopes numériques (et que les numériques) pour environ 800-900 FF.
Contrairement aux idées reçues, les cartes d’acquisitions numériques, ne sont pas des....... Cartes d’acquisitions vidéos !!!???!!.
Et oui, se sont principalement des cartes d’extensions gérant le bus d’entrée/sortie FireWire (norme IEEE 1394) qui permet un taux de transfert de 400 Mbit/s en bidirectionnel.
La Studio DV n’est donc qu’une carte FireWire d’origine Texas Instrument dotée de deux ports externes et un port interne sur lesquels il est possible de connecter tous les types de périphériques utilisants ce type de bus. C’est une carte PCI (v2.1) en bus mastering, capable de supporter des transferts Vidéo à 25 Mbit/s auquel vient s’ajouter un débit audio de 1.5 Mbit/s.
La carte est livrée avec un câble de connexion pour le caméscope, son manuel d’utilisation en anglais, ainsi qu’un CD contenant les drivers de la carte ainsi que le logiciel de montage vidéo Studio DV, DirectX et Real Player.
Installation et configuration minimum :
L’installation n’a pas posé de problème particulier. Après avoir connecté la carte, le Plug and Play de Windows 98 fait son travail parfaitement et la carte est reconnue comme un contrôleur d’Hôte IEEE 1394 OHCI PCI.
Il suffit donc maintenant d’installer le logiciel d’acquisition vidéo Studio DV et le tour est joué.
Comme vous vous en doutez, la manipulation de données vidéo demande des ressources importantes. Un k6-2 400 était tout juste nécessaire pour faire de l’acquisition vidéo sans perdre d’image suite à un manque de puissance. Si votre machine ne suit pas, quelques images peuvent ne pas être traitées pendant l’acquisition et le film deviendra saccadé.
Le format vidéo natif (format AVI) a un débit de 3.6Mo/s. Il sera donc nécessaire d’avoir un disque dur supportant ce débit en écriture. Ensuite, 3.6 Mo/s nécessite de gros disques durs car une minute de film prendra 216 Mo, soit presque 13 Go pour une heure. Inutile de vous dire qu’un disque de 30 Go est pour moi un minimum.
Voici donc, d’après moi, la configuration minimum exigée, avec entre parenthèse la configuration nécessaire pour une utilisation «confortable» :
- Processeur à 600 Mhz (1 GHz)
- Bus 100 Mhz (133 Mhz)
- 128 Mo (256 Mo)
- Disque dur de 30 Go 7200t (Le maximum possible, avec un disque dédié à la vidéo de préférence)
Ah si, j’oubliais, il faut bien entendu un caméscope (non !!) numérique avec une sortie DV (DV Out).
DV In, DV Out ! Quezako ?
Et oui ! On en parle, mais qu’est ce que c’est exactement ?
Il s’agit simplement de la possibilité que possède un caméscope numérique, d’envoyer le flux vidéo (DV Out) vers un PC, ou de le recevoir (DV In) pour l’enregistrer.
Tous les caméscopes numériques ont par défaut la fonction DV Out. Peu d’entre eux possèdent l’entrée DV In, car ce type de fonction permet à votre appareil d’enregistrer ou de copier des vidéos de façon complètement numériques donc sans pertes.
Avec le DV In, lorsque la carte graphique n’a pas de sortie TV, il suffit d’envoyer de film vidéo au caméscope (par l’intermédiaire de la carte d’acquisition) qui peut alors soit enregistrer sur une cassette, soit renvoyer cette même image, via le monitoring vers la sortie TV / magnétoscope classique comme lors d’un visionnage, le caméscope faisant office de convertisseur numérique/analogique temps réel.
Mais, en Europe, et donc en France, les appareils possédant une entrée vidéo numérique sont considérés comme des magnétoscopes numériques, et sont donc surtaxés par la communauté européenne (de l’ordre de 1000 ou 2000 FF en rayon). Ces fonctions ne sont disponibles que sur les appareils milieu ou haut de gammes.
Par exemple, SONY commercialise un appareil de marqué TRV-130 dans le monde entier, sauf en Europe il sera nommé TRV-130E, «E» comme Europe, avec l’entrée DV-In désactivée.
Dans quelques cas, ce «bridage» est effectué de façon logiciel dans les registres internes du caméscope, et peut être contourné à l’aide d’un petit logiciel et un câble adéquat. Dans ce cas, la garantie de l’appareil peut être annulée, donc prudence quand même.
Utilisation :
Et oui, dans cet article, pas de test à proprement dit car je ne vais pas ici réécrire le manuel d’utilisation existant (quoiqu’une version française serait la bienvenue). Je vais juste décrire les possibilités techniques du logiciel.
Autant vous le dire tout de suite, les fonctions présentes sont assez intéressantes, et d’après moi, on en a pour son argent.
Le montage se fait en 3 étapes :
- l’acquisition
- le montage
- la création du film
A l’acquisition, au format AVI, le logiciel découpe automatiquement les scènes en fonction des images ce qui permet de bien dégrossir le travail avant le montage. Il est possible néanmoins de faire un découpage en plage de temps (coupe toutes les 10s par exemple). Après l’acquisition on peut refaire des coupes dans chaque scène pendant le montage.
Toutes les fonctions de lecture, pause, arrêt, retour et avance rapide du caméscope sont pilotables depuis le logiciel, ce qui permet de faire un calage, à l’image près, de la séquence à acquérir.
IMPORTANT
Lors de l’acquisition, la taille maximum d’un fichier AVI est de 4Go. Il sera donc impossible de capturer une vidéo de plus de18’37’’ en une seule fois car le logiciel ne gère pas les scènes vidéo sur plusieurs fichiers. Par exemple, il est possible, avec d’autres produits, de faire des acquisitions plus longues que cette barrière des 18’37’’ car le logiciel crée lui même plusieurs fichiers, sans que l’utilisateur ne se soucie de rien, le montage se faisant également de façon totalement transparente.
La phase de montage, justement, est très simple d’utilisation. Il suffit de choisir les scènes et de les faire glisser à l’aide de la souris dans le story-board dans l’ordre que l’on veut. On peut également insérer des images fixes au format .bmp, .jpg, .pct, .tga, .tif, et .wmf, insérer du texte sur les films en utilisant l’utilitaire de titrage nommé «TitleDeko» intégré dans Studio DV ou récupérer des images à partir du film.
Bien entendu, il est possible de faire du doublage son pour mettre un fond sonore aux scènes ou animer des images fixes. Enfin, les passages d’une scène à l’autre peuvent être agrémentés de transitions (décalage, fondu enchaîné, ...) qui permettent un passage d’une scène à l’autre très sympathique et animé.
Des bibliothèques d’images et de sons sont installées par défaut et classées par thème.
Une fois votre montage terminé, il faut créer le film final. Il faut tout d’abord choisir le type de film à créer. Les choix possibles pour le format sont :
- AVI
- mpeg 1
- mpeg 2 (seulement à partir de la version 1.10 du logiciel, téléchargement sur
www.pinnaclesys.com)
- Real Vidéo
- soit une vidéo classique pour ré-enregistrement sur le caméscope (il faut, dans ce cas, avoir un caméscope muni de la fonction DV In)
Sachez néanmoins que le format AVI prendra 3.6Mo d’espace disque par seconde, que le mpeg 1 est limité à une taille d’image de 384*288 (mais c’est déjà bien mieux que le VHS) et que le format Real Video est limité, lui aussi, en taille d’image à 320 * 240, format qui est plus adapté à la vidéo par internet.
Contrairement à ce que l’on pense, la taille du fichier ne dépend pas de la taille de l’image. Il dépend uniquement du débit. Ainsi, un film en mpeg 1 de 384 * 288 et un autre en mpeg 2 de 720 * 576 ayant un débit de 3000Ko/s auront la même taille, soit environ 960 Mo pour 30 mn. Ensuite, plus le débit est important, plus l’image sera de qualité
Bien sur la compression mpeg 2 est bien meilleure que le mpeg 1 à taille d’image équivalente, ce qui permet de baisser le débit et donc la taille du fichier. Il faut trouver le bon compromis, et, à ce niveau, c’est à chacun de décider.
Malheureusement, il est impossible d’ajouter des codecs (codeur/décodeur) différents de ceux implémentés d’origine dans le logiciel. Il aurait été très intéressant de pouvoir insérer un codec DivX par exemple. Mais rien ne vous empêche de transformer votre film final en d’autres formats à l’aide de petits logiciels convertisseurs.
ATTENTION :
Lorsque vous lancerez le rendu final de votre vidéo, sachez que la puissance de calcul nécessaire est importante. Pour information, pour rendre un film d’une minute au format compatible DVD, il vous faudra environ 4 mn de calcul par minute de film sur un Duron à 900 MHz. Prévoyez donc vos nuits pour faire les rendus

.
Conclusion :
La Studio DV est une très bonne solution pour l’acquisition et le montage simple de vos vidéos personnelles. Celui qui découvre ce domaine aura un logiciel très simple d’utilisation, des possibilités assez étendues, ainsi qu’une carte et des pilotes stables.
Celui qui désire approfondir les possibilités vidéo, tout en gardant cette carte, devra se tourner vers des logiciels de montage plus performants comme Adobe Première, mais il devra aussi vider son portefeuille d’environ 5000 FF. Il vaut mieux dans ce cas se tourner vers des cartes d’acquisitions vidéo plus chères (autour de 5000 FF), dont le bundle comprend ce type de logiciel.
Néanmoins, si vous ne possédez pas de caméscope avec la fonction DV In, ni d’une carte graphique avec sortie vidéo, il vous sera impossible d’exporter les vidéos de votre PC, car la studio DV ne possède pas de sortie TV. Cette sortie est présente sur sa grande soeur, la Studio DV Plus, à un prix d’environ 1700 FF.