Il y a à peu près un an, nVIDIA lançait une technologie qui allait faire beaucoup, mais alors vraiment beaucoup de bruit. Cette technologie c’est bien sûr le SLI qui, encore aujourd’hui fait couler énormément d’encre. Mais voilà, lorsque le SLI a été lancé les drivers n’étaient pas vraiment au point et les gains en performances n’étaient énormes. Aujourd’hui, j’ai eu l’occasion d’avoir une carte mère K8SLI de la part d’Albatron, et j’en ai profité pour un peu comparer les résultats entre les drivers de l’époque et ceux de maintenant.
Du coup, cet article n’est pas qu’un simple test de carte mère, c’est aussi un petit compte rendu de l’évolution des performances en SLI d’hier à aujourd’hui. Pour cela j’ai utilisé approximativement la même configuration que l’on pouvait trouver dans mon
premier article sur le SLI, à savoir Athlon 3000+ et deux GeForce 6600 GT accompagné des drivers Forceware 67.66 et nForce 6.53 que j’ai comparé aux pilotes Forceware 81.95 et nForce 6.66.
Alors, il y a du changement ?
L’Albatron K8SLI
Avant d’attaquer notre série de tests, attardons nous un peu sur la carte mère K8SLI qui est la seule carte mère nForce 4 SLI du fabricant Albatron.
Au premier coup d’œil, la K8SLI étonne. En effet, c’est une carte mère SLI mais pourtant elle arbore des mensurations de mannequin car elle est particulièrement petite. Pourquoi une si petite taille ? Peut être pour faire des économies sur le PCB, mais on peut tout de suite se demander si on ne va pas être gêné pour installer et connecter les différents composants et câbles qui permettront de monter le PC. Pour ce teste, j’ai utilisé deux 6600 GT, et je n’ai pas eu de souci pour les monter ni pour connecter les câbles SATA qui prennent place dans le prolongement du milieu des deux ports PCI Express. Par contre, avec deux cartes graphiques plus longues et équipées d’un système de refroidissement NV Silencer par exemple, cela risque d’être bien plus compliqué.
Les emplacements DIMM pour la RAM sont quant à eux bien placés, et très accessibles. Entre le Socket CPU et le premier slot PCI Express 16x on a un système de refroidissement actif qui nuira aux amateurs de silence, même si il n’est pas forcément super bruyant. On notera aussi que la petite taille de la carte a forcé Albatron à une certaine réflexion pour pouvoir bien agencer les connecteurs PCI Express. Ainsi le ventirad du chipset ne se trouve pas dans le prolongement d’un port PCI Express 16x, mais dans le prolongement du PCI Express 1x, ce qui ne devrait pas poser de problème même si vous avez, et ça j’en doute, une carte PCI 1x.
Si vous avez l’œil vous aurez remarqué autre chose sur la K8SLI. En effet, même si cette carte est minuscule et vise vraisemblablement l’entrée de gamme en matière de SLI elle n’est pas pour autant dénouée de petits avantages. Tout d’abord, point de switch entre les deux ports PCI Express 16x. Le SLI sur la K8SLI se fait uniquement en branchant les deux cartes graphiques et en les reliant par un petit pont livré avec la carte. Une fois les cartes graphiques branchées et le pont fixé, elles auront chacune un PCI Express 8x à disposition. Autre particularité de cette K8SLI, le système
ABS. Non non, ici on ne parle pas de freinage mais d’une petite carte additionnelle bien sympathique qui comprend un second BIOS de sécurité. Du coup, si le BIOS de votre carte mère décide de vous casser les pieds, vous branchez l’ABS, et vous faite passer le contenu de son BIOS sur le BIOS défectueux de la carte mère. Après vous pouvez retirer l’ABS, ou même le laisser. Comme dirais deux comiques bien connus, c’est vous qui voyez

.
Pour terminer sur cette petite analyse sachez que comme toutes cartes récentes la K8SLI gère l’USB 2.0 (jusqu’à 8 ports dont 4 sur braquet), le son 5.1, le Gigabit LAN, le SATA II, ou encore le RAID 0,1 et 0+1.
Spécifications
AMD Athlon™64 / Athlon™64 FX /Athlon™64 X2 Dual Core
Socket 939 avec Hyper Transport 1000+ MHz
4 slots DDR333/400
Gbit LAN PHY & NVIDIA Active Armor
Son 5.1 Realtek AC97
2 slots PCI Express x 16 ( nVIDIA SLI 8x + 8x)
2 PCI Express x 1, 2 PCI Slots
4 ports SATAII 3Gb/s, SATA RAID 0,1& 0+1
2 ports ATA133
Dual BIOS (Second BIOS avec carte ABS)
8 USB 2.0/1.1 Ports (4 ports optionnels)
Chip : nForec4 SLI ( Single chip)
LAN Chip : VITESSE VSC8201RX (PHY)
Audio Chip : Realtek ALC655
I/O Chip: Winbond Smart I/O W83627THF
3 sondes ventilo
Pas de cavaliers pour la configuration
Fréquence CPU ajustable par pas de 1 MHz
Vcore,,VMemory modifiables.
Technologie Watch Dog Timer (auto-reset en cas d’oc trop poussé)
Format ATX
Dimensions : 293x198 mm
Config de test
CPU : AMD Athlon 64 3000+ Winchester
Mémoire : Corsair 2x CMX512-3200LL Pro, Corsair CMX512-4000 (pour l’oc)
Cartes mères : Albatron K8SLI, Gigabyte K8NXP-SLI
Cartes graphiques : Gigabyte GV-NX66T128D (6600 GT)
Dissipateur : AMD OEM
Disque Dur : Maxtoer Diamond Max Plus 9 (80 Go)
Alimentation : 480Watts Thermaltake
CD-ROM : Noname 52x
Drivers
Configs “anciennes” : Forceware 67.66 et nForce 6.53
Configs « récentes » : Forceware 81.95 et nForce 6.66Le BIOS
Le BIOS de la K8SLI est signé Phoenix et est plutôt bien garni.
Dans l’onglet DRAM configuration on peut bien évidemment modifier les différents paramètres propres à la mémoire vive. Ici, la mémoire peut monter en théorie jusqu’à 250 MHz et le fameux 1T memory timing est aussi de la partie.
L’écran Frequency/Voltage Control est le deuxième onglet qui va intéresser les bidouilleurs et overclockeurs. C’est en effet ici que l’on pourra faire varier la fréquence du FSB (jusqu’à 450 MHz), le ratio HT (de 1 à 5x), le coefficient multiplicateur, ou encore les tensions CPU (+5%, +10% et +15%), DDR (jusqu’à 2.7v) et chipset (1.5v max). Petit bonus en plus, la fréquence du bus PCI Express est également ajustable, et vous pourrez donc le limiter à 100 MHz lorsque vous vous lancerez dans l’overclocking. En théorie, le BIOS permet d’augmenter la fréquence PCIe jusqu’à 145 MHz …
Bien évidemment le BIOS de la K8SLI comprend en plus les habituelles fonctions de monitoring, et il permet même de définir une température au dessus de laquelle le système s’arrêtera automatiquement.
Côté overclocking, la K8SLI s’est bien comporté sans pour autant avoir accompli des exploits. Ainsi, sans toucher au coefficient HT et sans toucher à la fréquence DDR, j’ai pu faire tourner le système en 9x240, alors qu’en baissant le coef HT et la fréquence de fonctionnement de la RAM le système a tenu à 2520 MHz en 9x280 MHz.
Performances
Pour cet article j’ai volontairement laissé tomber les benchs classiques de test de cartes mères comme PC Mark, Sandra, CPU Mark, etc … Nous avons ici un nForce 4, et vous aurez des performances de nForce 4. Savoir si la carte permet une ou deux images par seconde en plus ne sert strictement à rien. Ce que nous allons donc analyser aujourd’hui c’est l’évolution des performances en SLI dans les jeux avec l’évolution des pilotes Forceware. Le SLI est-il vraiment mieux supporté aujourd’hui ?
3D Mark 2003
Dans ces benchs ont voit bien une amélioration des performances avec les nouveaux pilotes. Cependant on peut difficilement dire si les pilotes permettent une amélioration globale, ou si le SLI est réellement mieux supporté. C’est ce que va nous faire découvrir le graphique ci-dessous :
Grâce aux nouveaux pilotes, le SLI s’en sort finalement mieux que la carte graphique seule. Ici en 1600x1200 par exemple les pilotes apportent 5.26 % de mieux à la 6600 GT, alors qu’on a 7.79% pour les cartes en SLI.
Avec les filtres l’avantage des pilotes se fait un peu moins sentir en haute résolution. Par contre en 1024 et 1280 l’amélioration SLI par rapport à l’amélioration single est supérieure d’environ 4 points.
3D Mark 2005
3D Mark 2005 ce n’est pas 3D Mark 2003, et le la config a bien plus de mal à tel point qu’en 1280 et 1600 avec filtres le bench a quelques fois carrément planté.
Le graphique ci-dessous est plutôt étrange. En 1600 et 1024, le SLI prend normalement le dessus, avec notamment un gain deux fois plus important en 1600x1200. En 1280 par contre c’est le gain en single qui est en tête:/
Que dire si ce n’est qu’on va oublier la résolution 1600x1200, et surtout remarquer l’énorme gain en 1280x1024 ! Plus de 100% !!!
FarCry
Encore une fois on voit que les nouveaux drivers ont boosté les performances. Mais qu’est-ce qui en profite le mieux ? La 6600 GT seule, ou les deux en SLI ?
Voilà des graphiques beaucoup plus logiques que ceux obtenus sous 3D Mark 2005. Ici, en haute résolution (1600x1200), le microprocesseur empêche sûrement les deux cartes en SLI de s’exprimer car l’écart entre le gain Single et le gain SLI est minime. En plus basse résolution et sans filtre, la config SLI fait carrément 10 points de mieux que la config non SLI.
Doom 3
Sous Doom 3 le constat semble être à l’opposé de ce que l’on a pu voir jusqu’à présent. Les drivers apportent un surplus de performances, mais il semblerait que la configuration dotée d’une seule carte graphique profite plus des nouveaux drivers. Vérifions cela tout de suite.
Sans filtre Doom 3 en SLI ne profite pas vraiment des nouveaux drivers. Avec filtres on a bien un gain en performances, mais il est bien moins important que celui observé avec une seule 6600 GT. Doom 3 l’exception qui confirme la règle ?
Half Life 2
No comments, passons directement au plus intéressant :
Comme dans Doom 3, sans filtre le gain est plus important avec une seule carte graphique. Une fois les filtres activés par contre, plus on fait monter la résolution, plus les deux cartes creusent l’écart.
Conclusion
Même si ceux qui ont ou vont installer deux cartes graphiques dans leur PC sont rares, le SLI est une technologie à la mode et on n’arrête pas d’en parler. Environ un an après son introduction il était intéressant de voir comment l’adoption de cette technologie a évoluée. Bien sûr les jeux récents prendront certainement mieux en compte le SLI que certains des jeux utilisés dans cet article. Cependant les résultats des différents tests permettent quand même de tirer une conclusion qui n’a finalement pas des masses évoluée depuis l’arrivée du SLI. En effet, même s’il est vrai que les drivers apportent un plus non négligeable, il faudra malgré tout que le jeu utilisé supporte cette technologie pour en profiter, car malgré les nouveaux pilotes, nous l’avons vu, selon le jeu l’apport du SLI peut être plus qu’intéressant comme il peut être quasiment inexistant.
Parlons de la K8SLI maintenant. C’est une petite carte mère finalement bien sympathique qui mérite clairement votre attention si vous ne cherchez pas à vous ruiner dans une carte mère SLI à plus de 150€. La carte maman d’Albatron n’a en effet jamais montré de signe de faiblesse durant la (très) longue période de test, et la petite carte ABS pour récupérer son BIOS en cas de souci est un plus qui a son importance. Côté overclocking, sans être LA carte mère du moment, la K8SLI s’en est quand même bien tiré. Les seuls reproches que j’aurais en fait à faire à cette carte sont dus à sa petite taille. Il m’a en effet été impossible de monter deux cartes graphiques avec NV Silencer en SLI, et l’accès aux connecteurs SATA est compliqué si vous avez deux cartes graphiques de grande taille. Last but not least, la petite taille de la carte fait que les composants sont finalement assez proches ce qui concentre la chaleur, et nuit à une bonne circulation de l’air …
Discuter de cet article sur notre forum ...