Introduction
Promenons nous dans les bois, pendant que ... Ben quoi ? Ah oui, je ne me promenais pas dans les bois... En fait, c’est en me baladant sur certains forums que j’ai pu me rendre compte qu’une partie de la population équipée de configuration made in AMD avait un peu de mal à trouver le bout du tunnel. J’ai pu lire des « C’est quoi les drivers 4 en 1 ? » des « Faut toujours patcher pour AMD », et même des « Oulala, mon Duron il est mort ». Et c’est là que ça a fait tilt (là vous devez imaginer une ampoule au dessus de la tête de votre cher webmaster ...) ! Il fallait faire quelque chose, et je me suis donc mis à faire ce petit guide qui a pour but de guider un peu l’utilisateur désireux d’installer correctement son nouveau processeur Socket A AMD.
Vous verrez, ce n’est pas bien compliqué, et si vous avez réussit à monter un processeur Intel, il n’y a pas de raison que ça ne passe pas avec une config AMD.
Dans cet article nous allons donc dans un premier temps nous pencher sur la procédure à suivre pour installer un Athlon (installation physique, ventilateur, drivers ...), et dans un deuxième temps, nous essayerons de voir un peu comment obtenir le maximum de performances en optimisant comme il se doit le bios.
Configuration utilisée
Pour cet article, j’ai utilisé une configuration à base de VIA KT133A :
- AMD Duron 700 MHz
- Epox 8KTA3+ (prêtée par Bacata.net)
- 128 Mo de SDRAM PC150 Kingmax
- Hercules 3D Prophet II MX
Et maintenant un peu de software :
- Windows 98
- Drivers VIA 4 en 1 version 4.32
- Direct X8
- Drivers Detonator 12.41
- Sandra 2001 TE
Bon, maintenant que vous savez tout ça, on va entrer dans le vif du sujet avec l’installation physique ... Vous êtes prêts ?
Installation matérielle
Donc voilà, vous venez d’acheter votre Athlon ou votre Duron, et vous avez entendu parler de la fragilité du core de ces derniers. Donc vous avez peur. Mais avez vous raison d’avoir peur ? La réponse est malheureusement oui. Le core des processeurs Socket A d’AMD est en effet très fragile, et une mauvaise manipulation lors de l’installation du système de refroidissement peut purement et simplement exploser le core de votre petit processeur adoré. Vous ne me croyez pas ? Regardez plutôt l’état de mon défunt Duron 600 :
Snif, bon c’est vrai qu’il n’est pas devenu comme ça du jour au lendemain, mais quand même, c’est triste de perdre un processeur ... Enfin, vous voyez donc ce qu’il peut vous arriver si vous ne faite pas attention lors de l’installation de votre CPU.
Le spacer
Alors, que faut-il faire pour préserver son CPU ? Il y a plusieurs solutions. L’une des plus efficace consiste à acquérir ce que l’on appel un spacer. Un spacer est en fait une plaque en cuivre qui vient se poser directement sur le processeur. Grâce à la plaque, les systèmes de refroidissement ne pourront donc pas exercer de pression trop importante sur le précieux core du CPU. Malheureusement, comme nous l’indiquait William dans son
article sur les spacers, ce procédé rend un peu moins efficace la dissipation thermique. Mais bon, il n’y a rien de bien grave ...
Et sans spacer ?
Un spacer, c’est pratique et efficace, mais malheureusement c’est encore rare, et peu de personnes peuvent donc en profiter.
Donc, si vous n’avez pas de spacer, je vous conseille de vous procurer de la pâte thermique. Le rôle initial de cette substance est bien sûr d’améliorer la dissipation thermique, mais il se trouve qu’elle permet aussi de protéger un peu le core du CPU. Bon, ce n’est pas un bouclier efficace à 100% (loin de là ...), mais en tout cas c’est mieux que rien. Vous ne savez pas comment appliquer la pâte ? Pas de panique, regardez la suite :
A gauche, on a un Duron posé sur son support Socket 462, et à droite ce même Duron qui se fait recouvrir de pâte thermique. Comme vous pouvez le constater, il est inutile de mettre de la pâte sur toute la céramique, car en fait, c’est la partie centrale (le core) qui chauffe. Ce n’est pas non plus la peine de mettre une tonne de pâte, vous placez juste une fine couche et le tour est joué.
Hmmm c’est normal si j’ai envi de manger une tarte ou un gâteau avec de la crème ? Je dois pas être bien moi ... Olala ...
Le dissipateur
Protecteur, le dissipateur peut aussi devenir une arme redoutable si l’on s’en sert mal. Je ne le répéterais jamais assez, le core des processeurs Socket A est relativement fragile comparativement aux processeurs des autres marques, donc, il faut être prudent.
La première étape de cette prudence consiste à bien choisir son système de refroidissement. Malheureusement les dissipateurs sont nombreux, et le choix n’est pas toujours évident. Cependant, certains dissipateurs sont à éviter. Parmi ceux ci, on peut noter les Chrome Orb et Golden Orb de Titan et Thermaltake. Le deuxième est beaucoup plus dangereux que le premier car son système de fixation est complètement inadapté aux processeurs Socket A.
Lorsque vous cherchez un dissipateur Socket A vous devez :
- Vous assurer que la mention Socket A ou Socket 462 est portée sur la boîte.
- Faire en sorte que le dissipateur soit conforme à votre CPU. Rien ne sert de prendre un dissipateur pour Duron 800 si vous avez un Athlon 1.33.
- Ne pas avoir peur de prendre un dissipateur de marque et débourser un peu plus.
- Ne pas hésiter a consulter les divers tests et comparatifs qui paraissent sur le web ... (ah c’est bien ! Si vous êtes, c’est que vous êtes sur la bonne route ! )
Quelques liens vers les sites des constructeurs intéressants :
-
Alpha
-
GlobalWin
-
Zalman
-
Taisol
-
Thermaltake
-
NengTyi
Installation
Pour installer le dissipateur, il n’y a rien de bien sorcier. Si vous observez le support socket 462 vous verrez qu’il y a de part et d’autre des supports qui permettront d’accrocher le couple dissipateur/ventilateur. Pour installer le dissipateur, il vous faudra commencer par accrocher ce dernier sur le côté du socket où il n’y a pas écrit « Socket 462 ».
Une fois que c’est fait, vous vous occuperez de l’autre côté. Même si cela semble simple, il faut faire attention au sens dans lequel vous allez placer le ventilo, et aussi à la façon dont vous allez le poser. Il est important de faire en sorte que le dissipateur ne touche pas la céramique. En fait lors de son installation, essayez de le garder parallèle au support socket.
Sur la photo de gauche vous pouvez voir que le dissipateur est mal posé car la partie qui est censée se retrouver au dessus du CPU touche le support socket. Faite bien attention à ne pas installer votre dissipateur comme ça car il y a de fortes chances que le core du CPU ne soit pas bien en contact avec le dessous du radiateur, et si c’est le cas, votre système de refroidissement ne pourra pas jouer son rôle (ben oui, le pauvre chou, il veut pas s’ennuyer, faut le comprendre ...)
Hmmm, là je sais que vous avez les yeux grands ouverts, et que vous vous demandez ce qu’il ne faut pas faire sur la photo de droite. En fait, si on suit scrupuleusement les
indications d’AMD, il faut, comme je le disais plus haut, placer le dissipateur parallèlement au CPU.
Dans la pratique, et selon le système de fixation utilisé par le dissipateur, ça ne sera pas toujours évident ...
Ah oui, une fois le dissipateur posé, n’oubliez pas de le brancher au connecteur FAN de votre carte mère sinon, tout ceci n’aura servi à rien
IMPORTANT :
L’une des question qui revient souvent, est de savoir s’il faut ou non enlever les quatre petits supports spongieux qui se trouvent sur la surface du processeur. La réponse est non ! Vous ne devez pas enlever ces supports qui permettront au dissipateur d’être bien stabilisé, et de ne pas faire trop pression sur le core du microprocesseur.
Drivers et cartes mères
Après l’installation matérielle, voilà une étape qui semble poser parfois problème : l’installation des drivers appropriés pour telle ou telle carte mère. Même si la plupart du temps on critique AMD là dessus, il faut savoir que quelque soit la marque du processeur, AMD ou Intel, il faudra installer des drivers si vous disposez par exemple d’une carte mère équipée d’un chipset VIA. Il y donc selon moi aucune raison de dire qu’il faille « patcher à mort » pour installer son Athlon. Quoi qu’il en soit, il ne faut tout de même pas s’y prendre n’importe comment.
En effet, il existe plusieurs constructeurs de chipsets, et il faudra trouver et installer les drivers qui vont avec le Northbridge et le Southbridge de votre carte mère. Les chipsets sont généralement composés de deux puces, et il n’est pas rare de retrouver sur certaines cartes mères deux puces provenant de constructeurs différents. Dans ce cas là, il faudra installer les drivers adéquats pour chacune des puces.
Actuellement, cinq constructeurs se partagent le marché des cartes mères Socket A. On a tout d’abord nVIDIA avec ses nForce, VIA avec principalement ses KTxxx, ensuite Acer Labs (ALI), AMD avec l’AMD760 et l’AMD760MP, et pour finir SiS.
Cas 1 : Southbridge et Northbridge fabriqués par le même constructeur
Si les deux puces qui composent le chipset de votre carte mère sont créées par le même constructeur, il vous suffira d’installer les drivers proposés par ce dernier. Ainsi, si vos puces sont fabriquées par VIA, vous installerez la totalité des drivers VIA 4 en 1, si elles sont créées par AMD, vous installerez les drivers AMD, etc ...
Cas 2 : Puces fabriques par des constructeurs différents
Il peut aussi arriver que certaines cartes mères disposent comme je le disais tout à l’heure, de puces provenant de constructeurs différents. La plupart du temps vous retrouverez un southbrige VIA avec un northbridge émanant d’un autre fabricant comme par exemple AMD.
Dans ce cas là, il vous faudra installer les 4 en 1 sans oublier de décocher la case
AGP VxD Driver. Ensuite, il vous suffira d’installer les drivers AGP d’AMD, car c’est le northbridge assure sa gestion.
Maj : Aujourd’hui les chipsets AMD sont rares à part sur les plates formes bi CPU. Rares aussi sont les cartes mères récentes qui embarquent un northbridge et un southbridge créé par deux constructeurs différents.
Où trouver les différents drivers ?
Ben déjà, dans notre base de données téléchargement qui se trouve ici. Et puis, vous pouvez aussi vous rendre directement sur les sites des constructeurs :
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VIA
-
AMD
-
ALI
-
SiS
Un ordre pour installer les drivers ?
L’installation des drivers ne se résume bien évidemment pas qu’à la mise en place des drivers propres à la carte mère. Il y a aussi, DirectX, les drivers de la carte graphique, etc ... Une des questions que de nombreuses personnes se posent est de savoir s’il y a ou non un ordre pour installer l’ensemble de ces pilotes.Et bien non, j’ai installé plusieurs fois Windows en changeant à chaque fois l’ordre d’installation des drivers, et la configuration n’en était pas pour autant moins stable ou moins performante.Malgré tout, je continuerais à utiliser ma méthode à moi, c’est-à-dire installer les pilotes de la cartes mères avant tous les autres. Je trouve ça en effet beaucoup plus logique, car même si je n’ai pas eu de soucis, je pense qu’on peut plus facilement rencontrer des problèmes avec la carte graphique si l’AGP n’est pas correctement installé auparavant par exemple ... Mais cela n’engage que moi ...
Maintenant vous savez à peu près ce qu’il vous faut faire pour installer votre processeur correctement. Ici, je n’ai pas parlé de l’installation des autres éléments du système, car il n’y a rien de particulier à faire, en tout cas rien de plus ou de moins que sur toutes les autres plates-forme du monde PC.
Nous allons maintenant passer au bios ...
Paramétrage du bios
Le bios est un passage obligé pour ceux qui désirent tirer le maximum de leur configuration. Quelque soit le chipset, les grandes lignes sont les mêmes. Les deux choses importantes à faire sont l’optimisation des paramètres propres à la mémoire vive et à la carte graphique.
Ici j’ai utilisé une Epox 8KTA3+ mais comme dans la plupart des bios, les options les plus importantes et intéressantes se situent dans le menu
Advanced Chipset Features.
Paramètres mémoire
Si vous vous trouvez face à un bios qui dispose de timing mémoire préenregistrés, la première chose à faire sera de passer en mode manuel. Ici, il faut faire passer l’option
DRAM Timing By SPD sur Disabled. Une fois cette manipulation effectuée, si vous avez de la mémoire fonctionnant à 133 MHz (SDRAM PC133 ou DDR PC2100), il faudra le faire savoir à la carte. Sur Epox 8KTA3, il faut mettre
DRAM Clock sur 133 MHz.
SDRAM Cycle Length : Ce paramètre vous permet de déterminer la CAS de la RAM. Plus la valeur est petite, mieux c’est, mais dites vous bien que toutes les barrettes ne voudront pas forcément fonctionner en CAS 2 comme ici.
L’option
DRAM Bank Interleave permet au CPU d’accéder aux deux banques de RAM de vos barrettes à la fois. Donc essayez 2-way puis 4-way si vos barrettes acceptent ces valeurs.
Pour finir avec les paramètres mémoire importants on modifiera l’option
Fast R-W Turn Around. Une fois activée, cette option augmente la rapidité des phases d’écriture et de lecture de la RAM.
NB : Les cartes mères Abit
Pour les cartes mères de marque Abit, certains paramètres indiqués ci dessus peuvent se retrouver dans le Soft Menu III. Par exemple, pour faire la carte gérer la RAM à 133 MHz, il faudra faire passer DRAM Clock sur HCLK+PCICLK.
Les paramètres graphique
L’optimisation graphique se résume à trois paramètres principaux : L’
AGP Aperture Size, l’
AGP Mode, et l’
AGP Fast Write. Si votre carte graphique gère l’AGP Texturing, vous devez placer l’option AGP Aperture Size sur votre quantité de RAM divisée par deux. Si vous avez 128 Mo, la valeur sera donc 64 Mo.
Ensuite, si vous disposez d’une carte graphique récente qui gère le mode AGP 4X, profitez-en et placez l’option AGP Mode sur 4X.
Le Fast Write, cette fonction peut s’avérer très intéressante puisqu’elle permet au processeur d’envoyer des données directement au chip graphique sans passer par la RAM. Cette fonction apporte donc un double gain puisqu’elle améliore les échanges entre le CPU et la carte graphique et permet aussi d’économiser de la RAM. Il vous faut donc l’activer.
Voilà donc pour l’optimisation graphique. Notez tout de même que vous pouvez activer les options AGP Master 1 WS Write et AGP Master 1 WS Read, mais la différence avec ces options activées ou non, est presque inexistante.
Pour vous faire une idée de la nécessité de l’optimisation du bios, voilà des mesures effectuées sous Sandra 2001 TE en ce qui concerne la mémoire vive :
Ca fait quand même une sacrée différence ...
Conclusion
Voilà voilà, et bien maintenant, vous devriez être capable d’installer et de tirer un minimum de performances de votre configuration à base d’Athlon ou de Duron. Bien sûr, les experts diront qu’il n’y a rien de bien nouveau là dedans. Mais il ne faut pas oublier qu’il y a un début à tout, et que l’on est tous passé par là
Si vous avez envie d’aller plus loin, et de goûter aux joies de l’overclocking, je vous conseille fortement de consulter cet
article qui vous expliquera comment pousser un peu plus votre processeur.