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Polissage : méthode et résultats

Par William le 15/03/2006 à 03h55
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SOMMAIRE



Introduction

Pour les bidouilleurs, l’informatique peut devenir un excellent terrain de jeux : les overclockers fous se jetteront sur les trafficotages des paramètres du BIOS, d’autres s’attaqueront directement aux composants dans le but de pouvoir modifier les tensions disponibles sur la carte mère afin de pousser leur processeur dans leurs derniers retranchements, voir même modifier les chipsets afin qu’ils puissent fonctionner en SLI.
Le but de tout çà : de meilleures performances à moindres coûts !

Mais à force de pousser un processeur à la recherche de son dernier mégahertz, celui-ci répond par un dégagement de chaleur directement proportionnel, voir même plus…( oui, c’est vilain un processeur…). Qu’à cela ne tienne, ces mêmes personnes modifieront alors le système de refroidissement.

Oui mais voilà, monter un système de refroidissement à l’azote liquide n’est pas à la portée de tout le monde, et l’installation d’un watercooling en refroidit (c’est cas de le dire ...) plus d’un, qui estime que l’eau et l’électricité ne font pas bon ménage. Mais au lieu de rajouter des ventilos en veux-tu en voilà, une autre solution peut devenir intéressante selon les cas : le « polissage ».
La dissipation thermique

Comme tout le monde le sait, un processeur dégage beaucoup de chaleur par l’intermédiaire d’une petite surface : la formule généralement utilisée pour déterminer la valeur de la dissipation calorifique est la suivante :

Dissipation = Fréquence * Tension² * Constante.

La constante est propre à chaque processeur en fonction de pas mal de paramètres comme le nombre de transistors, la finesse de gravure, etc, etc….

Pour dissiper cette chaleur, le ventirad doit absorber cette chaleur par contact : la chaleur passe dans le radiateur. Grâce aux ailettes de dissipation et au flux d’air fournit par le ventilateur, cette chaleur est donc transférée vers l’air ambiant.
On constate donc qu’il y a trois phases principales :

  • Transfert de chaleur du processeur vers le radiateur

  • Déplacement de la chaleur dans le radiateur

  • Transfert de la chaleur du radiateur vers l’air ambiant


  • C’est donc sur la première phase que nous allons essayer de travailler. Le processeur est constitué d’une partie plane (le core du processeur sur les Athlon XP et antérieur, ou le « HeatSpreader » sur les Athlon 64 ou la famille Pentium). Pour que la chaleur passe bien de cette surface à celle du ventirad, il est nécessaire d’avoir un excellent contact entre les deux..
    Néanmoins, une surface ne pouvant être parfaitement plane, nous utilisons de la pâte thermique qui vient « boucher » les petits trous et augmenter, dans une certaine mesure, ce transfert calorifique.

    Or, certains ventirads ont des surfaces de contact très mal polie et cela nuit à l’efficacité de l’ensemble, et nous allons essayer de voir si le fait d’améliorer cette surface nous donne des gains de refroidissement.
    Le matériel

    Pour faire cette expérience, j’ai choisi un des derniers ventilateurs testés sur VTR, à savoir le Rocky Booster de 5D. Dans ce test, j’avais remarqué que sa surface de contact avec le processeur était largement perfectible et c’est à partir de cette remarque que je me suis lancé sur la piste du polissage.

    Et pour polir correctement cette surface, il nous faut du papier de verre. Pour ce faire, il suffit de se rendre dans votre magasin de bricolage habituel et d’acheter des feuilles dont le tarif n’excède pas 1€ l’unité. On peut également les trouver dans les magasins spécialistes de l’automobile, car le papier de verre est utilisé également pour le polissage avant peinture de carrosserie.
    Bien entendu, il faut du grain fin, afin d’améliorer l’état de surface : un grain trop gros ferait l’effet inverse à celui souhaité.

    Pour l’exemple, j’ai pris trois feuilles : une d’un grain de 280, une seconde à 600 et la troisième à 1000 (plus le chiffre est gros, plus le grain est fin). En effet, il faut y aller progressivement afin de bien travailler la surface, et surtout ne pas user inutilement une feuille dont le grain serait trop faible.



    Et c’est parti pour une séance de polissage !
    La méthode

    Pour polir de façon optimum, il est nécessaire de se placer sur un support plat : l’idéal est un marbre ou une vitre, mais on n’a pas toujours ces ingrédients sous la main. Pour ma part, je me suis contenter du plan de travail de la cuisine.
    Ensuite, pour plus de confort, j’ai démonté le ventilateur du Rocky Booster pour avoir une meilleure prise en main et j’ai commencé à polir sa surface sur la feuille de grain 280 en formant des 8 afin de ne pas polir dans le même sens et éviter d’éventuelles rayures. Pensez à essuyer régulièrement avec un chiffon doux la base du radiateur afin d’éliminer les poussières de cuivres qui s’y forme ainsi que de souffler sur la feuille de papier de verre pour la même raison.
    J’ai recommencé l’opération successivement avec les autres feuilles (grain 600 puis 1000).
    Bien entendu, avant de me lancer, je suis allé voir les expériences d’internautes sur le sujet. Un point qui revient quasi systématiquement est l’utilisation d’eau pour améliorer le polissage : peut-être est-ce utile mais dans mon cas, l’eau plus les dépôts de cuivre forme une sorte de pâte et cela devient impossible de continuer le travail. Peut-être m’y suis-je pris d’une façon non conventionnelle mais pour ma part, je ne trouve pas que cela aide au polissage, bien au contraire.



    Finalement, le résultat est vraiment pas trop mal. Après 30 minutes de travail, la surface est vraiment bien plus plane (photo de droite), sans les stries caractéristiques du produit initial. Ceci étant purement visuel, l’heure est venue des mesures concrètes ... et vérifier l’efficacité du travail ...
    Configuration de test et Résultats

    Même si dans ce comparatif, la configuration n’est pas utile (mesures relatives), cela donne une idée des températures dans un cas précis :
    - Carte mère DFI Lanparty nf4 UltraD
    - Processeur AMD 64 3200+ @ 2.65 GHz 1.55V
    - Mémoire Corsair TwinX 2*512 PC3200 CAS2
    - Disque Dur Hitashi SATAII 160GO T7K250
    - Disque Dur hitashi 80Go 180GXP
    - Boîtier Antec SX80
    - Alimentation LC Power L6480S
    - Lecteur DVD Plextor PX-130A
    - Graveur DVD Plextor PX 716A
    - Réseau Wi Fi Dlink DWL G520+
    - Carte graphique Sapphire X800 GTO² débridée


    A titre d’information, j’ai intégré les relevées de température des concurrents directs du Rocky Booster déjà publiées ici.



    Pour 30 minutes de travail et 3€ de matériel, le résultat est bien là : 2 degrés de moins au repos, mais surtout 4 degrés de gagnés en charge, ce qui met ce roocky booster devant l’AMD Box et le Sussuro.
    Conclusion

    Hé bien, finalement, je ne regrette pas les 3€ investis dans ces trois feuilles de papier de verre. Au final, avec un tarif public conseillé de 15€, le produit de la société 5D est vraiment la solution bas coût pour un résultat plutôt efficace.
    La manipulation prend environ 30 minutes, est très simple à mettre en œuvre et surtout très peu coûteuse.

    Alors, sortez l’huile de coude, votre papier abrasif, et frottez……

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