Depuis la mise en place de lois visant à enrayer le téléchargement, des développeurs et internautes n’ont de cesse de déployer des moyens afin de les contourner. Avec une facilité assez déconcertante d’ailleurs, la faute à ces dites lois qui ne sont applicables que grâce à l’adresse IP.
Détail qui peut avoir son importance : une adresse IP ne peut pas attester de l’identité d’une personne. Il suffit de regarder du coté des serveurs Proxy pour s’en convaincre. Seulement, l’utilisation d’un proxy n’est pas à la portée de tous. Ceux voulant conserver leurs anonymats sur la toile sans avoir les connaissances nécessaires n’avaient jusqu’ici que peu d’alternatives.
Soucieux de la sauvegarde de l’anonymat et conscient des dangers liés à une répression basé sur l’adresse IP, le développeur et blogueur Paul Da Silva à mis au point IPFuck. Ce petit programme se présente sous la forme d’une simple extension pour Mozilla Firefox. En deux clics, votre adresse IP sera blanche comme neige - enfin, presque.

L’explication de son développeur est de loin la plus simple :
« Il s’agit d’envoyer, en plus de sa vraie adresse IP que l’on ne peut pas masquer sans que les paquets ne se perdent, trois adresses générées aléatoirement (...)
Le serveur qui reçoit la requête l’interprète et renvoie la réponse au bon endroit. La navigation se passe donc exactement comme si vous n’aviez pas installé l’addon pour vous. Mais le site sur lequel vous vous êtes connecté a enregistré (potentiellement, tout dépend du code utilisé) 4 connections différentes, dont trois sont effectuées avec une adresse qui ne vous appartient pas. »
Nous avons alors décidé de poser quelques questions à Paul Da Silva, via une Interview twitter. Vous pouvez la retrouver sur le twitter
@Revioo, ou dans la suite de cette actualité.
Interview de Paul Da Silva, développeur d'IpFuck:
Revioo : Bonjour Paul. Avant de commencer, peux-tu nous en dire un peu plus à ton sujet ?
Paul Da Silva : Ca commence à être compliqué les 140 caractères : blogger, développeur, geek, ancien journaliste et anti-hadopi - ça suffit ?
Revioo : Ça devrait. D’où t’es venu cette idée de créer IpFuck ?
Paul Da Silva : J'utilise déjà la technique depuis longtemps - je voulais l'automatiser, Seedfuck et Hadopi m'ont inspiré pour le reste.
Revioo : Qu’en espères-tu ?
Paul Da Silva : J'espère que les gens (le gouvernement) comprennent que l'adresse IP n'est pas fiable et qu'elle ne doit plus être une preuve...
Revioo : Comment fonctionne-t-il ?
Paul Da Silva : Pour faire simple : à chaque connexion, #ipfuck envoie 3 entêtes HTTP de plus, pour simuler l'utilisation d'un proxy. Le résultat est que l'on ne sait plus qui est qui et si les IP relevées sont à quelqu'un... ou pas...
Revioo : Est-il sûr à 100 % ? Des limites, peut-être (légalité, fonctionnement, contournement, etc.) ?
Paul Da Silva : Je vais répondre en trois fois à celle-ci :
Pour ce qui est du fonctionnement pas de soucis, il fonctionne. Pour ce qui est de le contourner : oui c'est encore possible (je sais comment) mais pas pour longtemps : j'y travaille ! Pour la légalité : il s'agit d'un proof of concept : toute utilisation au delà de ça n'est pas de mon ressort...
Revioo : Ne crains-tu pas de représailles « légales » ?
Paul Da Silva : Je mentirai en répondant non... Mais là je pense pas à moi mais aux lois débiles qui sont votées constamment et qui sont dangereuses
Revioo : Peux-tu préciser les risques liés à l'utilisation de l'adresse IP par le corps légiférant ?
Paul Da Silva : Comme IpFuck le prouve : une IP relevée ne correspond pas forcément à celle de la personne que l'on cherche à identifier. Dès lors on prend le risque d'accuser des innocents en se basant sur cette seule donnée...
Revioo : Que penses-tu des initiatives telle que l'HADOPI ?
Paul Da Silva : Au delà du fait que cela n'apporte rien ni à la culture ni aux artistes tu veux dire ? Je trouve ça lamentable et dangereux de tourner les artistes contre leur public pour que les majors gagnent toujours plus d'argent..
Revioo : Si on te chargeait de ce dossier, comment gérerais-tu la question d'internet et de sa problématique légale ?
Paul Da Silva : Le problème n'est pas internet mais le modèle économique à l'agonie que le monde de la culture s'entête à utiliser. C'est cela qu'il faut révolutionner, de préférence avec un système comme le mécénat global
Revioo : D’autres projets à l’horizon ?
Paul Da Silva : J'ai une autre extension en tête pour limiter les abus de boites telle que facebook... Et puis je suis jamais à court d'idées ! Stay tuned !
Revioo : Merci pour avoir pris le temps de répondre à ces quelques questions, et bon courage pour la suite.
Paul Da Silva : Merci à vous Revioo de relayer l'info IpFuck